• Bienvenue ! J'ai créé ce blog pour faire connaître mes chansons. Elles apparaissent de la plus récente à la plus ancienne.

    Quand je travaille en studio, Mon pari est de tout faire moi-même, des textes à l'arrangement, du jeu des instruments (surtout la guitare) au mixage.

     

    Vous y trouverez aussi des vidéos et photos de concerts, réalisés avec Jean Luc Taburet,  

    http://jeanluctaburet.eklablog.com/

    Christian Perrot au piano et Louise Taburet à la voix et percussions.

     

    N'hésitez pas à m'écrire des commentaires, ils me servent à progresser. Bonne écoute!

     


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  • En réécoutant des choses que j’ai écrites dans les années 90, j’ai retrouvé ce titre qui m’a paru digne d’être remis en musique avec mes moyens actuels.
    J’ai donc repris le texte, la basse et le rythme d’origine, et voilà le résultat…

    A la base, une basse « Fender Jaguar », avec une « groove box », ce truc dont se servent les DJ pour imiter la batterie, augmentée de « vraies » percussions. Puis un harmonica joué avec une pédale wah-wah, une guitare électrique, de la guitare frappée avec une baguette, des chœurs, divers synthés et bruits électro-acoustiques. Un habillage assez « électro », donc…

    "Restons-là", texte et musique Bernard Leroux, juin 2018.

    1 

    La der des ders s’est faite au point d’Hiroshima, 

    L’Europe unit les rots des gros papes en sabbat, 

    Les tambours d’Oradour pleurent leurs larmes viriles, 

    La paix armée apaise la France et ses îles, 

    L’éthique informatique ét(h)iquette nos rites 

    Mais l’amour court toujours autour des arrière-cours, 

    La ville comme un grand corps court encore et toujours, 

    Ses artères dégobillent leurs globules à airbags, 

    Des vaisseaux spécieux courent dans sa viande famélique. 

      

    2 

    Et Paris Montparnasse, érection solitaire, 

    Tour de glace, fend l’espace face à la tour Eiffel 

    Qui, frêle, fêle le ciel d’un fleuret éphémère 

    Et les rots du métro rodent autour des ruelles, 

    L’autoroute, artère mère, enserre la ville lumière, 

    Périphérique arctique, trafic pathologique, 

    Les pensées font un rond abscons, mélancolique, 

    Derrière les cranes ronds, sous les lunes électriques, 

    Apollinaire, ô ma mémoire, ferme boutique. 

      

    3 

    Et ils sont des légions, des milliers, des millions,  

    Leurs corps grouillent, bouillie, bouillante fourmilière, 

    Quark, atome, molécule, je suis cette matière, 

    Mouillant de ma sueur, comme mes frères, la terre, 

    Comme mes sœurs, malheur, mon sang la désaltère, 

    La grande machinerie, et ses rouages, rouerie 

    Qui m’intègre, engrenage d’une grande tringlerie 

    Saccage mon langage dans d’étranges adages, 

    Les mots dits dans la cage présagent le carnage. 

      

    4 

    Mais quoi ? La mer est là, la vague immense est forte, 

    Et le noroît délave mon discours doux amer, 

    L’Homo Erectus fut têtard, puis sort des mers 

    Minuscules ou pullulent tant d’animalcules, 

    Ombres multiples innombrables et microscopiques, 

    Mon pas écrase mille vils cloportes, qu’importe ! 

    Dans l’humus des sous-bois, puis au sein de ma mère, 

    Ce qui me tient en vie est la mort et le fric : 

    Je suis grand géant blanc, vampire de l’Afrique. 

      

    5 

    L’argent coule en mes doigts comme sang des enfants 

    Qu’on envoie au boulot pour me faire beau et gros. 

    Ecroulé et muet, ma télé me promet 

    Mille félicités, mais si j’y mets le prix, 

    Et dehors, le froid mord les doigts morts à l’aurore, 

    L’hiver prend l’air sévère quand, paterne, un gros père 

    Vêtu de rouge, hotte bien garnie de Barbie 

    Distribue dans les bouges des Nike et des Rollers, 

    Du champagne chambré et des chants à Marie. 

      

    6 

    Et pendant ce temps là, madame lune luit, 

    Les planètes s’envolent de leur orbite creuse 

    Cependant que rigole l’éternelle faucheuse 

    Qui tangue, pendulaire autour des tout-petits, 

    Comme autour des vieillards, il est tard, le cœur meurt, 

    Qu’un tout petit embol obstrue la coronaire 

    Et c’est la fin, l’envol de ce rythme ternaire 

    Qui battit la conga rouge de ta première heure, 

    Qui fit ton cœur batteur, et de ta vie, l’acteur. 

      

    7 

    Assis au banc de pierre, Pierre espère Jeannette, 

    Pierrot, sans colombine, s’abîme comme un poète, 

    L’humanité des hommes, féminité des femmes, 

    Chiens et chiennes se chicanent sur fond de brise charme, 

    Content, pas content, Georges a tout dit de leur âme 

    La pomme de Newton n’est pas tombée, est blette, 

    Les Adams et les Eve, au bois se télescopent 

    Ou dans les boites à rêve, de l’étoile à saint Trop’ 

    Frottis-frottas mièvres, ou taxés avec capote. 

      

    8 

    Atome tout crochu, je m’échoue comme un homme,

    Fourbu de traverser une manche du jeu, 

    A abrité à ton toi, à ton giron de femme, 

    Dernière division cellulaire de mon âme, 

    Les millénaires m’ont fait me défaire de mon dieu, 

    M’ont arraché au feu que couvaient mes aïeux, 

    Et puisque c’est à toi que j’amarre mon radeau, 

    Puisque la plage est large et que le feu est chaud, 

    Puisque je suis à toi, et puisque tu te donnes,

     

    Restons là. 


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  • Pour ceux qui étaient déjà en vie dans les années 60, souvenons- nous que nous vivions sous la menace « atomique », coincés entre deux grandes puissances militaires. Depuis, nous n’avons cessé de vivre dans la peur : guerres, terrorisme, et aujourd’hui péril écologique.

    Autant en rire : depuis que la fin du monde est pour demain, on finit par se demander si elle arrivera un jour…

    « Walking* » jazzy pour ce thème si léger ( !), à base de basse, batterie et piano Rhodes, puis d’orgue Hammond.

     

    * Walking : « en marchant », façon de jouer à la basse une note par temps.

     

    "la fin du monde", paroles et musique B.Leroux, mai 2018.

    1

    Depuis le temps qu’c’est la fin du monde,

    Depuis le temps qu’on nous le prédit,

    De catastrophes en chutes de bombes,

    On s’demande si c’est pas fini.

     

    Depuis la fin de la « der des der »,

    Ca se précise sous forme de guerres,

    De catastrophes nucléaires

    Qui ne passent pas les frontières.

     

    Depuis qu’la fin du monde a commencé,

    On s’demande si elle n’est pas passée.

     

    2

    En mille neuf cent quarante trois,

    En vérité, je ne sais pas

    Si les gens croyaient tout à fait

    Que reviendrait un jour la paix,

     

    Et à partir d’Hiroshima,

    Little Boy, Fat Man et tout ça,

    Les peuples ont toujours marché droit

    Terrorisés par la bombe A.

     

    Depuis qu’la fin du monde est finie

    On s’demande si c’est pas aujourd’hui.

     

    3

    En l’an deux mille de notre temps,

    Gourous, devins, et même savants

    Ont prédit la fin, l’apocalypse,

    De signes astraux en éclipses.

     

    En deux mille un, les tours jumelles

    S’écroulent dans le sang et les larmes,

    Provoquant les guerres cruelles

    De l’oncle Sam, et de ses armes.

     

    Depuis qu’la fin du monde est ici,

    On s’demande si elle n’est pas finie.

     

     Instrumental

     

    4

    On annonce la fin des espèces,

    La fonte des glaciers et tout l’reste,

    Depuis que les bombes sont rangées

    C’est la nature qu’est en danger.

     

    L’océan est plein de plastique,

    Y’a plus d’abeilles, plus de moustiques,

    Nous finirons par nous noyer

    Quand auront fondu les glaciers.

     

    Depuis qu’la fin du monde est annoncée,

    On s’demande si elle n’est pas en r’tard,

    Et puisqu’elle tarde à arriver,

    Il reste quand même un peu d’espoir.

     


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  • « A l’intérieur, j’ai pas changé » disait une grand-mère. J’ai trouvé que cette façon de voir était significative de l’âge avancé : une personne âgée est bien la même que par le passé, mais le monde qui l’entoure, lui, a évolué…

    J’ai arrangé ce thème façon blues, avec cette répétition propre à ce style : riff de guitare électrique Gibson, batterie, basse Fender Squier, harmonicas. Un style qui, lui, traverse le temps sans vieillir.

     

     

      "A l'intérieur", paroles et musique B.Leroux, mai 2018.

    A l’intérieur, t’as pas changé,

    C’est tout qui change autour de toi.

     

    Depuis peu, on te cède la place

    Dans le bus, c’est vraiment gentil,

    Voilà un jeune qui est classe

    Et il faut bien lui dire merci,

    Mais quand tu t’aperçois, malheur,

    Qu’il a près de la quarantaine,

    Alors là, tu a vraiment peur,

    Tu lui dis de rester assis.

     

    A l’intérieur, t’as pas changé,

    C’est tout qui change autour de toi.

     

    Les pubs pour les monte-escaliers,

    Les obsèques et les sonotones

    Envahissent ta boîte à courrier

    C’est sûr, au début, ça étonne,

    Ta complémentaire te propose

    De passer à l’option « sénior »,

    Les femmes parlent de leur ménopause

    Pour elles, tu n’es plus un warrior.

     

    A l’intérieur …

     

    Autour de toi, dans les boutiques,

    les bureaux, les supermarchés,

    Des genres d’ados anachroniques

    Ont remplacé les employés,

    Ton docteur semble avoir passé

    Son bac au lycée l’an passé

    Et ta dentiste, qu’a de l’acné

    Te d’mande où en est ton dentier.

     

    A l’intérieur…

     

    Le jour où tu vois ton prénom

    Utilisé comme plaisanterie

    Dans les cours de récréation

    Ca marche bien, tout le monde rit,

    Quand la grand-mère et le grand père

    Se mettent à faire du judo,

    Ca te faisait bien rire hier

    Mais n’ fait plus rire qu’ les ados.

     

    A l’intérieur…

     

    Vinyles, téléphones à cadran,

    504, cassettes, dictionnaires

    Ont rejoint chez les brocanteurs

    Les objets anciens de ton temps,

    Imaginer le présent sans

    Internet, sans ordinateurs

    Semble impossible à tes enfants

    Comme un monde extraordinaire.

     

    A l’intérieur…

     

    Instrumental

     

    Bien sûr, tu t’essouffle plus vite,

    Et parfois, tu souffres d’arthrite,

    Tu prends plus de médicaments

    Qu’autrefois, et que tes enfants,

    Et alors ? est ce que ça n’est pas

    Dans son esprit, son cœur, ses choix,

    Qu’on est jeune, ou bien qu’on est vieux,

    Qu’on est lâche ou aventureux.

     

    A l’intérieur …

     

    A l’intérieur, t’as pas changé

    C’est tout qui change, et c’est comme ça.


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  • L’ « écriture inclusive » est une mode qui, je l’espère, passera comme tout-e-s les mod-e-s. Le côté caricatural-e de cett-e  écritur-e porte évidemm-e-nt aux jeux de maux, c-e que je n-e m-e suis pas privé de fair-e, bien sûr-e…

     

    "L'inclusive eccessive", paroles et musique Bernard Leroux avril 2018.

     

     

     

    1

    C’était une fille bien sympathique

    Mais un peu bornée,

    Un peu dogmatique.

    Elle était pour la pratique active

    Exclusive de l’ é -

    Criture inclusive.

     

    Quand je l’ai rencontré tiret eu,

    Elle me fit part de cette condition

    Strictement attaché tiret eu

    Au succès de notre relation.

     

    2

    Je l’invitai pour en discuter

    Juste à prendre un thé

    Dans mon intérieur.

    Jusque là pas de gaffe ou d’erreur,

    Car aucun tiret

    Ne vint s’imposer.

     

    Mais quand elle aborda le sujet

    De la femme-eu dans la société

    Il fallut, évitant les maladresses

    En v’nir à parler des femm-eu-esse.

     

    3
    Je m’en tirai dans les premiers temps

    Plutôt bien, et sans

    Oublier les eu.

    Même les tirets étaient bien placés

    Juste avant les eu

    Et après les ées.

     

    Mai cet excès de concentration

    Me fit oublier mes intentions,

    Et elle se dit ravi - tiret - eu

    D’ cette relation sans ambigüité.

     

    4

    Elle partit complètement ravi-

    eu et sans qu’mon lit

    n’ai été défait.

    Je restai avec le sentiment

    D’avoir fait semblant,

    Très insatisfait.

     

    J’avoue que l’écriture inclusive

    N’m’aida pas de façon excessive

    A tenter de séduire cette déesse

    Ni les autres tiret eu tiret esse.

     

    Instrumental

     

    5

    Et depuis j’en ai pris mon parti :

    Elles sont parti – eu(s)

    Les inclusives.

    Celle qui est restée en est restée

    A c’ que l’ masculin

    A de singulier.

     

    Et j’ai gardé l’exclusivité,

    Mot féminin dépourvu de e,

    Jusques et même dans l’intimité

    De c’féminin plein d’aménité.


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  • Le vétéran.«Le vétéran » est un des textes de Sophie Vigneau.

    Comme il est rigolo et s’y prête bien, j’en ai fait une chanson de genre « country », et donc avec un banjo, un piano déjanté, une basse et des harmonicas…Plus quelques guitares électriques, « slide » et « son clair ». J’espère qu’il ne manque rien…

    "le vétéran", paroles Sophie Vigneau, musique Bernard Leroux, avril 2018.

     

    On l'avait amputé
    Jusqu'à auteur du coude
    Lors du dernier été
    De l'offensive, Baroud.
    Ses copains s'étaient tus
    Quand le plus dégourdi
    Dit qu'on l'avait battu
    Euh… à bras raccourcis.


    Sa jambe fut broyée
    Un peu sous le genou
    Dans le mont de Corée
    Lors du dernier mois d'Août.
    Ses copains s'esclaffaient
    En le voyant passer,
    Demandant s'il savait
    Bien sur quel pied danser.


    L'autre mutilation
    Lui fit perdre le nez
    Dans l'enfer de May Yong
    Lors du dernier été.
    Ses copains avaient ri
    Quand le plus malicieux
    Déclara que le riz,
    Ca vous fait le nez creux.

     

    Les Fellahs l'on castré
    D'un bon coup de poignard
    Lors du dernier été,
    Juste avant le départ.
    Ses copains astucieux,
    Qui jouaient au billard,
    Lui dirent :" Prends donc ta queue
    Et joue nous une part".

     

    Instrumental


    Il est mort un matin
    En sortant de chez lui,
    Il n'a pas vu le train
    Fonçant vers le midi.
    Si vous passez par là,
    Dites aux cheminots
    Qui cherchent entre les voies
    Qu'il manquait des morceaux.  

    Texte: Sophie Vigneau.


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  • Le 12 février dernier, j’ai mis en ligne « En mai 68 ». Avec le recul, la partie « sautillante » des couplets ne me plaisaient pas trop, alors je l’ai refaite en modifiant un peu les paroles et le titre, avec deux pianos « Rhodes », une basse jazz, une guitare solo façon « Hendrix » (d’époque: une Fender de ces années là !) et un orgue Hammond.

     

     "la beauté dans la rue", paroles et musique Bernard Leroux, avril 2018.

     

    1

    Nous avions juste 20 ans,

    C’était le début du printemps,

    Les jupes raccourcissaient,

    Les pantalons s’élargissaient,

     

    A la Sorbonne et à Nanterre

    On était tous contestataire,

    On occupait les amphis

    Et on allait changer la vie.

     

    Sous les pavé y’avait la plage,

    On allait vers d’autres rivages,

    La grisaille a disparu,

    La beauté était dans la rue.

     

    2

    Nous continuons le combat,

    Le vieux monde est derrière toi,

    Contre l’Général et l’armée

    Qui nous empêchait d’exister.

     

    Les CRS étaient les méchants,

    Les manifestants les gentils,

    Les pavés volaient sur les champs’

    Interdire, c’était interdit.

     

    L’imagination au pouvoir,

    Nous faisions l’amour, pas la guerre,

    Nous pouvions enfin tout vouloir

    Et jeter le passé par terre.

     

    3

    Nos désirs sont réalités,

    Nous demanderons l’impossible,

    J’veux pas perdre ma vie à la gagner,

    Je ne veux pas servir de cible,

     

    Nous sommes tous des juifs allemands

    Et à bas l’état policier !

    Nous changerons tout, tout simplement,

    Le bonheur est à notre portée.

     

    Sous les pavé y’avait la plage,

    La beauté était dans la rue,

    L’imagination au pouvoir,

    Interdire, c’était interdit.

     

     Instrumental

     

    On faisait l’amour, pas la guerre,

    Sous les pavés, y’avait la plage,

    L'imagination au pouvoir,

    La beauté était dans la rue,

     

    Nous continuons le combat,

    Le vieux monde est derrière toi,

    La beauté était dans la rue,

    La beauté était dans la rue.


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  • Marielle Franco Da Silva a été assassinée le 14 mars 2018 à Rio De Janeiro. C’était une Marielle.femme politique, féministe, lesbienne et militante des droits de l’homme. Elle était membre du conseil municipal de Rio, représentante du parti « socialisme et liberté » (PSOL). Durant sa courte vie, elle a défendu les droits des pauvres et des « non-blancs », le droit à l’avortement pour toutes et s’est opposée à la violence de la police dans les « favelas », dont elle était issue. Cela n’a pas plu aux nostalgiques de la dictature et aux gangs de « narcos » (narcotrafiquants).

    Quelle autre musique à ce propos que la samba ? Avec les instruments qu’il faut : ukulélé-guitare, qui imite le Charango indien, guitare rythmique et solo espagnoles, basse et surtout des percussions : en plus de la batterie : « timbales », bongos, congas, shaker et « agogos » (cloches).

    Un petit lexique pour les mots portugais dans le texte :

    * Favela : quartiers bidonvilles à flanc de coteau autour de Rio.* Vidigal : une des favelas de Rio. * club de régatas do Flamengo : club sportif de Rio. * gringo branco : étranger blanc * Praia de Ipamena : plage de Ipamena * Copacabana : la plus grande plage de Rio. * Carioca : habitante de Rio * criola : créole * christ de Corcovado : le grand christ qui domine Rio, * narcos : narcotrafiquants. * Villa Mimosa : « quartier chaud » de Rio. * turista americana : touriste américaine * Santa Theresa : quartier pittoresque et touristique de Rio. * La Macarana : grand stade de Rio. * pega : prostituée * dançarina : danseuse * lésbica magnifica : lesbienne magnifique

    "Marielle", paroles et musique Bernard Leroux, mars 2018.

    Née dans la favela* de Vidigal*,

    Comme les autres tu as trouvé normal

    D’être née pauvre, et sans un centavo,

    Comme toutes les cariocas* du ghetto,

     

    Au club de régatas do Flamengo*

    Tu as rencontré ton premier gringo*,

    Un branco*, un touriste pas méchant,

    Un français même pas narcotrafiquant,

     

    Devant sa bonne tête de père de famille,

    Tu espérais si tu étais gentille,

    Qu’il serait doux et même compréhensif,

    Mais tu as pris des coups, c’est le tarif.

     

    ref :

    Praia* de cocagne à Ipamena*,

    Carnaval, coca, Copacabana*,

    Carioca* criola* héroïne,

    Costard cossu cocard et Cocaïne.

     

    2

    Alors pour sortir de ce carnaval,

    Tu as voulu étudier à Rio,

    L’université t’a ouvert les bras

    Comme le christ de Corcovado*,

     

    Tu défendis les tiens, ceux de là haut

    Qui vivent entre proxénète et narco*

    Contre les violences de la police

    Des militaires, des flics et des milices,

     

    Mais pour une métisse, une lesbica*,

    Défendre les pobres des favellas

    Les traficantes n’aiment pas trop ça,

    Sur les trottoirs de Villa Mimosa*.

     

    Ref.

     

    3 

    Si tu vas à rio, rappelle-toi

    Cette femme, cette carioca

    Assassinée au centre de Rio,

    Pas très loin de la praça Do Lido.

     

    Ici, il n’y a pas que des bikinis,

    De la samba, soleil et martinis,

    Les nostalgiques de la dictature

    Ici comme ailleurs ont leur signature,

     

    Toi, la turista americana*

    Qui déambule à Santa Theresa*,

    Ou bien au stade, à La Macarana*

    Que s’rais-tu si tu étais née là bas ?

     

    Serais tu pega* à Villa Mimosa,

    Serais-tu dançarina* de samba,

    Ou Santa Teresa de Calcutta,

    S’rais-tu Marielle Franco da Silva ?

     

    Instrumental

     

    C’est une Héroïne Carioca,

    Une Santa Teresa des favellas,

    C’était une lésbica magnifica*,

    Si tu vas à Rio souviens-toi.

     

    Ref.


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  • "Mai 68 par celles et ceux qui l'ont vécu", un ouvrage édité par Médiapart auquel j'ai eu l'honneur de modestement participer sous le pseudo de "Puramole"  (P.147,148,149), est en vente dans les librairies à partir du 22 mars 2018, au Mans chez Thuard, Doucet et La Fnac. (je ne perçois rien sur les ventes).

    Je vous livre ici ces trois pages:

    "Pour moi, mai 68 n’a pas été une rupture ou un « évènement », comme on disait alors, mais la suite d’une évolution rapide de la société à cette époque. En fait, nous étions alors « habitués » aux changements : telle année, c’était l’arrivée des Beatles, l’année suivant, les jupes raccourcissaient, ensuite les hommes se laissaient pousser les cheveux…le changement était à la mode. Il s’agissait de remplacer le vieux monde de nos parents, qui avaient connu la guerre, par le nôtre. Alors, les grèves, les manifs, la contestation de la société bourgeoise, catholique et gaulliste : juste une manifestation de plus de cette évolution continue qui, pour moi, gamin de douze ans, faisait partie de ma découverte du monde.

    Cette « révolution » se confondait, dans mon esprit, à celle de ma pré-adolescence : tout changeait en moi, et en miroir, tout changeait autour de moi. Au lycée, nous voyions les « vieux » profs (cinquante ans, tout au plus) s’affronter avec la nouvelle école, partisane de relations « horizontales », avec tutoiement et autorisation de fumer en classe ( !), de jeunes profs tous plus ou moins maoïstes, révolutionnaires ou féministes (les lycées étaient encore non-mixtes !)  Les portes du lycée s’ouvrirent, et la discipline stricte d’autrefois fit place à ce qu’on appelait alors l’« autodiscipline », qui consistait à tout faire sauf étudier. J’ai connu une jeune prof qui allait jusqu’à recevoir chez elle ses jeunes élèves pour y animer des discussions à tendance politico-philosophiques, et chez qui je me sentais assez désorienté : faisait-elle partie des adultes tutélaires, ou était-ce une copine, une semblable ? Je me rappelle également d’un jeune barbu en veste kaki, qui nous expliquait en cours de français que la chine maoïste était une sorte de paradis où tout le monde était heureux, et où il n’y avais pas d’opposition politique « parce que chacun voulait construire le socialisme », ce qui me paraissait tout de même un peu suspect.

    Des manifs elles-mêmes je ne me souviens que très peu : on ne me laissait pas traîner du côté de la préfecture. Je me rappelle seulement de mon père, rentrant du travail avec les yeux rouges pour avoir reçu des lacrymos. Ma grande sœur, qui avait alors dix-huit ans, essayait de participer aux manifs, ce qui rendait mon père très inquiet, bien qu’il fût par principe du côté des manifestants. Dans la ville ou nous habitions, la préfecture fut occupée, et le logement du préfet vandalisé. Pour nous, les CRS étaient les méchants, ça tombait sous le sens. Les CRS, voulaient frapper les manifestants, et dans mon esprit c’était la raison pour laquelle les manifestants manifestaient. Ils ne lançaient des pavés que pour se défendre des coups de matraque de ces « salauds de flics », qui représentaient l’« oppression », c'est-à-dire pêle mêle le Général, l’armée, l’église, l’état et les « fachos ». Je me suis souvent demandé alors comment on pouvait devenir CRS, et comment ces hommes, qui étaient des pères de famille comme les autres, pouvaient rentrer chez eux le soir, se regarder dans la glace et se dire que leur rôle était d’être les méchants. Quelque chose m’échappait là dedans, je pensais que si les CRS n’existaient pas tout le monde serait content et il n’y aurait plus d’affrontement. 

    Je me souviens de la grève générale, qui me parut durer une éternité. Je ne savais pas quelles pouvaient en être les conséquences, mais mes parents, qui avaient connu les privations de la guerre, les redoutaient. Moi, je ne voyais que des banderoles « en grève » un peu partout, et je fus frappé d’en voir jusque dans le fond des campagnes reculées où nous passions les week-ends : les « évènements » avaient donc atteint tout le monde, tout le pays. Le petit commerçant fermait boutique, pas tant pour exprimer une revendication que pour se protéger des « bandes de communistes » qui, à en croire certains, devaient bientôt déferler sur notre pays. Le Général l’avait prédit.

    J’avais le projet de constituer un herbier, une activité encouragée par ma mère, qui aimait la botanique. Elle m’avait dit qu’elle m’achèterait le cahier qu’il fallait, mais me demanda de surseoir jusqu’à la fin des « évènements ». Mai 68 prit corps pour moi ce jour là, car j’en entrevis les conséquences directes sur ma vie : je ratai mon rendez vous avec la botanique à cause d’une révolution larvée.

    Ni le retour du Général, ni la grande manif qui s’ensuivit, ni le référendum et l’élection de Pompidou n’effacèrent quoi que ce soit : pour les ados de cette époque, définitivement, les C.R.S restèrent les méchants, la droite le mal et la gauche le bien, et l’autorité sous toutes ses formes une erreur. L’arrivée de Mitterrand en 81 fut vécue comme celle du Messie, de celui que nous attendions depuis trop longtemps, la « gauche » étant de toute évidence le progrès et la fin des obscurantismes et de l’exploitation des peuples. Cette victoire devait être définitive et marquer le début des jours heureux. Ce fut en réalité la fin de l’utopie, et il ne fallut pas longtemps pour comprendre qu’un changement de gouvernement n’était pas une révolution…

    Pour moi, mai 68 finit en 1981. J’avais 25 ans."

     

     


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  • Le vieux, la pierre et l'arbre.Nous avons le pouvoir de connaître le passé et le présent, mais la possibilité de connaître le futur nous est à jamais interdite. En regardant autour de lui, un vieil homme sur un banc se demande pourquoi même un simple caillou aura le droit d’exister dans le futur, et pas lui.

    Et si la pierre lui répondait ?

    L’orchestration est classique : des guitares, une basse et des percussions, relevées à la fin de quelques cordes.

     

    "Le vieux, la pierre et l'arbre", paroles et musique Bernard Leroux, mars 2018.

    « Chaque jour fini porte le deuil de lui-même,

    Car, bon ou mauvais, il ne reviendra jamais.

    Le soleil qui se couche porte le sang des rêves,

    Car chaque homme qui vit rêve le temps d’aimer.

     

    Toute chose que je vois continuera sa route

    Alors que je serai parti à tout jamais,

    Toute chose périt, et moi aussi sans doute,

    Et avec les jours vont mes ultimes regrets. »

     

    Ainsi parlait un homme à l’automne des jours

    En ces temps d’avant-hier que nous avons connus,

    Avant qu’un nouveau monde où nous vivons toujours

    Naisse du temps qui passe, des saisons révolues.

     

    2

    « Mon seul regret sera, le jour de mon départ,

    De ne pas savoir après que j’aie disparu,

    Et penser que même la roue de mon corbillard

    Existera encore quand je ne serai plus.

     

    Pourquoi ce banc, cet arbre, cette pierre et ce ciel

    Survivront-ils après que mon dernier soupir

    Ait été mon dernier désir existentiel,

    Qu’ai-je fait de mal pour que mon esprit expire ? »

     

    Ainsi parlait un homme avant de rendre l’âme,

    Après avoir vécu aussi bien qu’un autre homme,

    Le corps peut périr en terre ou bien à la flamme,

    Il n’y a rien de plus vide qu’un columbarium.

     

     Instrumental.

     

    3

    « Sois heureux d’être en vie, répondirent la pierre,

    Le banc, l’arbre et le ciel, la terre, l’eau de la mer,

    Depuis bien plus longtemps que toi nous existons,

    Toi tu sais qui tu es, et nous nous l’ignorons.

     

    Tu paies cher ce savoir, parce que ton devenir

    Est de disparaître et de ne plus revenir,

    Tandis qu’à l’avenir, d’autres iront sur ce banc,

    Joueront avec la pierre, comme font les enfants.»

     

    Ainsi diraient les choses si elles pouvaient parler.

    Alors, l’homme se leva et partit sans rien dire

    Ne laissant derrière lui qu’un banc abandonné

    Et un arbre qui commençait à reverdir.


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