• Illustration :  Maurizio Quarello.

    « Le Partisan », texte de Emmanuel D’Astier De La Vignerie, musique d’Anna Marly, écrite à Londres en 1943 et diffusée par la BBC, a été reprise en 1969 par Léonard Cohen, puis par nombre d’autres interprètes. 

    Je la repends à mon tour, à la mémoire de Pierre Leroux, résistant.

    En hommage aussi à ceux qui rencontrent actuellement des obstacles dans leur aide aux migrants réfugiés.

    Il s’agit bien d’une chanson écrite en français, traduite ensuite en Anglais (et non l’inverse). Mais j’avais envie, pour une fois, de la chanter en partie en anglais pour lui laisser la dimension internationale que lui a donné Léonard Cohen, accompagné d’une basse, de trois guitares, d’un accordéon et d’un harmonica.

     "Le Partisan", texte de Emmanuel D’Astier De La Vignerie, musique d’Anna Marly.

    Voix, tous instruments: B.Leroux, 30 septembre 2018.

    When they poured across the border

    I was cautioned to surrender,

    This I could not do,

    I took my gun and vanished.

     

    I have changed my name so often,

    I've lost my wife and children

    But I have many friends,

    And some of them are with me.

     

    An old woman gave us shelter,

    Kept us hidden in the garret,

    Then the soldiers came ;

    She died without a whisper.

     

    There were three of us this morning

    I'm the only one this evening

    But I must go on ;

    The frontiers are my prison.

     

    Oh, the wind, the wind is blowing,

    Through the graves the wind is blowing,

    Freedom soon will come ;

    Then we'll come from the shadows.

     

    Les allemands étaient chez moi,

    Ils m'ont dit : "résigne-toi",

    Mais je n'ai pas pu ;

    J'ai repris mon arme.

     

    J'ai changé cent fois de nom,

    J'ai perdu femme et enfants

    Mais j'ai tant d'amis ;

    J'ai la France entière.

     

    Un vieil homme dans un grenier

    Pour la nuit nous a caché,

    Les allemands l'ont pris ;

    Il est mort sans surprise.

     

    Oh, the wind, the wind is blowing,

    Through the graves the wind is blowing,

    Freedom soon will come ;

    Then we'll come from the shadows.

     

    Oh, le vent, le vent souffle,

    Entre les tombes le vent souffle,

    On nous oubliera,

    Nous rentrerons dans l’ombre.


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  • Astre et désastre.

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     "Astre et désastre", paroles et musique Bernard Leroux, septembre 2018.

    1

    La Terre dans l’éther s’achemine,

    Interminable erre quaternaire,

    Orbite lévite qui délimite

    Un mythe multimillénaire.

     

    Mais qu’en a à faire l’enfer

    Du soleil, chaudron séculaire ?

    Chiure de moucheron sur calorifère,

    Terrible creuset tutélaire.

     

    Et à l’opposé une lune

    Lunatique, unicellulaire

    Cède, dans le ciel sans aucune

    Lacune ses dons de lumière.

     

    Tu es supernova, comme un astre,

    Un Casanova pulsionnel,

    Tu exploses et brille dans le ciel

    Puis tu expires, comme un désastre.

     

    2

    Et Mars la rouge bouge sur son aire

    Errant voyage, hors mésosphère

    Qui appelle, d’un signal stellaire

    Comme un fanal, un luminaire.

     

    Jupiter, astre sans terre erre,

    Géante, fessue, napolitaine

    Tempétueuse et solitaire

    Terrible déesse lointaine.

     

    Et, plus loin encore Saturne

    Reine crénelée d’anneaux d’argent

    Saturée de lumière nocturne

    Règne entre ses arceaux changeants.

     

    Tu es supernova, comme un astre,

    Un Jéhovah sempiternel,

    Tu exploses et brille dans le ciel

    Puis tu expires, comme un désastre.

     

    3

    Uranus, géante et glacée

    Sphère soûle, saphir bleuté

    Lente boule roule en orbite

    Bruine de diamants pailletés.

     

    Neptune, douanière méthanière

    Cobalt galbé de l’astrolabe,

    Termine le primordial mystère.

    Bal excentrique, externe balle.

     

    Maïa, Véga et Capella !

    Quasars, pulsars et nébuleuses,

    Milliards de parures de gala

    Tu brilleras telle Bételgueuse.

     

    Tu es supernova, comme un astre,

    Une diva immatérielle,

    Tu exploses et brille dans le ciel

    Puis tu expires, comme un désastre.


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  • Psychanabysses.La psychanalyse nous glisse dans les abysses où s’enlisent des vices qui ne s’assouvissent qu’en crise.

    Pour plonger en plein dans le sujet, voix échantillonnées font le chemin emprunté principalement par la guitare plus tard.

    Le texte est un peu abstrus, excusez l’usage d’expressions peu usités, mais ainsi font les mots pour parler des maux enfouis…

     "Psychanabysses",

                                             paroles et musique Bernard Leroux septembre 2018.

     

    1

    C’était une plongée plombée mais allongée

    Avec un capitaine de sous marin malin

    Dans les abysses bizarres et animées

    D’où émergeaient des jets opaques ou cristallins.

     

    C’était comme un grand garage à garer les barges,

    Une remise en prise avec où l’on se mire,

    C’était comme un autre âge garé dans des décharges,

    Une entreprise de croire des histoires incomprises.

     

    2

    Et l’exploration, explosions d’explications

    Fendait les eaux opaques vers les fonds insondables,

    Scaphandrier leste et lesté, sans direction,

    Fondé à défoncer des fonds insupportables,

     

    Où se montraient des monstres maraudant dans la mer

    Vaseuse et aux fonds vastes où vont de vilains vers

    Qui faisaient remonter des courants d’aire primaire

    Par où passait un passé pesant et amer.

     

    3

    J’allais, ou nous allions, alliés entre ces îles,

    Parfois ou pas parfumés de fumées d’encens,

    Et d’autres fois fourbus par des faits trop futiles

    Qui faisaient perdre pied à pied l’analysant.

     

    On s’enfonçait alors, fonçant dans les fossés

    D’eaux salées abyssales, ainsi celles de la mer,

    Où s’agitent un peu des pleureuses enfoncées

    Sirènes dans la vase, reines des flots amers.

     

    4

    Mais parfois l’effroi faisait place à la folie

    De vivre qui volait vers les vivants viviers,

    Surfant à la surface alors, un mot suffit

    A effectuer ce renflouage de noyés.

     

    Il y avait alors des étincelles de celles

    Qui, révélant l’élan ailé des goélands,

    S’envolaient vers le ciel telles des balancelles

    De ballons, ascensions d’aérostiers lents.

     

    5

    Ô vous les astrolabes, abordages d’étoiles,

    Largages de langages lourds de larges espaces,

    Voyageurs et volages volants, voiles sans toiles,

    Vaisseaux spéciaux précieux défiant les impasses,

     

    Vous les mots, héros, sel de la terre, étincelles,

    Vous les mots moteurs mus par des maux discordants,

    Envolez vous vers le ciel, tels des balancelles

    De ballons, ascensions d’aérostiers ardents !


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  • Vous croyez savoir planter un clou dans un mur. Mais quand vous aurez lu ce mode d’emploi traduit du japonais, du russe et de l’hébreu, vous comprendrez que vous ne saviez pas. Et que votre maison est à reconstruire…

    Sons échantillonnés, piano, basse, guitares et harmonicas martèlent this vérité, hammer cette truth.

     

    "Mode d'emploi", paroles et musique Bernard Leroux,

    aout 2018.

    1)

     

    Se munir d’un marteau et clou,

     

    Et probablement escabeau.

     

    Prendre par poignée le marteau,

     

    Se placer de façon que z’yeux

     

    Soit au niveau de tête du clou.

     

    Tenir le clou avec doigts deux,

     

    Pouce et auriculaire dessous,

     

    Et trois autres doigts ci- dessus,

     

    Pieds légèrement écartés sur

     

    De le sol ou l'escabeau.

     

    2)

    Pour amorcer, tiens le marteau

    A proximité de la cible

    Meilleure la précision possible.

    Frappez par insensiblement.

    Une fois que le clou tient fort

    Les mérites dans le support,

    Lâchez et reculez la main

    Sur le manche de la marteau

    Entre les bouts, à mi chemin

    Puis frappez bien plus fortement.

     

    3)

    Alors se munir d’Arnica,

    De compresse et de sparadrap

    Enduire la doigt d’arnica et

    Soigneusement envelopper.

    Et relever la escabeau,

    Pour niveau du trou ait des yeux.

     

    Si besoin, prendre du mortier,

     

    Une truelle et d’un peu d’eau.


    Rebouchez et laissez sécher

     

    Et recommence juste au milieu.

     

     

    4)

     

    Fournir à un peu de perceuse

     

    Percussion munie d’un foret.

     

    Ayez l'œil sur place pour forer.

     

    Amorcer trou par la tourneuse

     

    De l’extrémité du foret

     

    Appuyer en faisant tourner

     

    La perceuse rapide sur elle-même.

     

    Cesser dès que voyez fumée

     

    Sur le mur ou dans la perceuse.

     

    Soignez blessures éventuelles.

     

     

    5)

     

    Après les premiers soins et les

     

    Rendez-vous qui est médical,

     

    Rebouchez le trou comme normal.

     

    Louer de chantier burineuse

     

    Et une bétonnière de loyer.

     

    Mettre casque sécurité.

     

    Gardez téléphone allumé

     

    Dans une poche bien fermée.

     

    Tenez burineur mitrailleuse,

     

    Faites la prière et appuyez.

     

     

    6)

    Tentez sortir vous des décombres,

     

    Si pas possible un proche appelez

     

    Avec le cellulaire portable,

     

    Si vous vous supposez blessé,

     

    Appelez service médical

     

    Ou encore les brigades pompiers,

     

    Si vous succès de relever,

     

    Chargez bétonnière de mortier,

     

    Construire nouvellement maison.

     

    Par l’échafaudage commencez.


    Pour cela,

    se munir d’un marteau et clou…


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  • Pas le choix.Nos vies sont faites d’instants souvent remplis de pas grand-chose et parfois d'ennui, où, malgré notre gros cerveau, nous ne parvenons par toujours à trouver un sens, non pas le sens de ce qui nous échappe, mais le sens de nos choix. 

    Y compris quand nous choisissons de nous laisser bercer (endormir, hypnotiser, enivrer, abrutir...) par tout ce qui nous détourne de l'essentiel : quel sens je veux donner à ma vie.

    Nous sommes partis d’une composition à la guitare d’Alain Rouby, à laquelle j’ai ajouté une basse, de la derbouka, et à partir de l’instrumental du violoncelle, au doigt et à l’archet.

    "Pas le choix", musique Alain Rouby/Bernard Leroux, paroles Bernard Leroux, aout 2018.

    1

    Une rengaine stupide tourne dans ta tête,

    Une émission de jeu, les chiffres et les lettres,

    Le couloir d’une maison de retraite,

    Un repas de famille où on ne parle pas,

    Pourquoi c’est comme ça, tu ne le sais pas.

    Les jeux de cartes, une Opel Vectra,

    Pourquoi c’est comme ça, tu n’a pas le choix.

     

    2

    Une nuit d’insomnie de vide et d’ennui,

    Une rue de banlieue triste l’après midi,

    Le dimanche soir, un devoir à faire pour lundi,

    Un centre commercial fermé, froid et livide,

    Pourquoi c’est comme ça, tu ne le sais pas.

    Un autobus municipal presque vide,

    Pourquoi c’est comme ça, tu n’a pas le choix.

     

    3

    La pluie fine qui tombe depuis trois journées,

    Les programmes de la télé en été,

    Le manuel d’un mixeur, d’un fer à repasser,

    Une étude de faisabilité,

    Pourquoi c’est comme ça, tu ne le sais pas.

    Une publicité pour une machine à café,

    Pourquoi c’est comme ça, tu n’a pas le choix.

     

    4

    Une cité de HLM, barres brutales,

    Une salle d’attente de docteur ou d’hôpital,

    La voix qui cherche ton correspondant au téléphone,

    La voix qui cherche le sens de ta vie est aphone,

    Pourquoi c’est comme ça, tu n’a pas le choix.

    Tu as cent milliards de neurones dans l’esprit,

    Pourquoi tu fais ça, tu n’a pas le droit.

     

     Instrumental

     

    5

    Pourquoi c’est comme ça, tu ne le sais pas.

    Tu as cent milliards de neurones dans l’esprit,

    Pourquoi tu fais ça, tu n’a pas le droit.

    Tu n’as pas le choix, ou

    Tu ne le sais pas

    Tu n’as pas le choix, ou

    tu n’a pas le droit. (ad lib)


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  • Si t'es cité.Quant on a vécu longtemps dans une ville, chaque rue, chaque place est porteuse d’un ou plusieurs souvenirs, de sorte qu’une promenade devient un voyage dans le temps, y compris les temps des amours.
    Joie et nostalgie s’y mêlent, comme dans le jazz « manouche » que j’ai (essayé d’) utiliser ici, avec une rythmique de guitares très marquée, et en introduisant le sax et la clarinette.

    "Si t'es cité", paroles et musique Bernard Leroux juillet 2018.

     

    Dessin: B.Leroux.

     

    1

    Dans ce jardin

    Je passais le soir,

    En rentrant des classes,

    Du bahut.

    Sur cette place,

    J’ai connu la grâce,

    D’une rencontre inattendue.


    Dans cette ruelle,

    Où ça s’est passé,

    Elle était belle,

    Je l’ai enlacée,

    Je me suis perdu

    Au fond d’une impasse,

    Un amour qui passe

    Chagrin éperdu.

     

    2

    Dans cette rue

    J’ai connu l’angoisse,

    Temps qui passe

    Ne reviendra plus.

    Et je repasse

    Sur cette avenue,

    Sur la glace

    Des malentendus.

     

    Temps heureux,

    Ou temps révolus,

    Coléreux

    Ou bien détendus,

    Complicité

    Au fond d’un café,

    Solitude

    Sur fond d’habitudes.

     

    3

    Près de ce square

    Je l’ai retrouvée,

    Elle était très intimidée.

    Ses yeux étaient

    Comme deux perles rares,

    Et le soir

    Je l’ai embrassée.

     

    Les statues

    De l’avenue

    Chantaient en chœur

    Notre bonheur,

    L’éternité

    De la cité

    Nous dictait

    La félicité.

     

    4

    La vie est comme

    Une voie, un chemin,

    Que l’on soit un homme

    Un gamin,

    Une avenue

    Là où est venue

    La déesse tant attendue,

     

    Voie expresse

    Ou restée sur place.

    Temps urbains

    Et temps incertains,

    Route sage,

    Chemin de halage,

    Autoroute

    Rapide ou déroute,

     

    Temps heureux,

    Ou temps révolus,

    Coléreux

    Ou bien détendus,

    Eternité

    De la cité,

    La ville est

    Le décor d’aimer.


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  • Image : collage de Dom Batisse.

     

     « Saxelle » est un instrumental construit à partir d’un violoncelle, d’un saxo et d’une flûte irlandaise, d’où son nom. Le tout rythmé par une derbouka et des cymbales.

    Fermez les yeux et laissez vous aller : ça dure 4 minutes, et c’est un peu…hypnotique.
    Si vous avez des idées de thèmes pour y intégrer des paroles, n’hésitez pas à me les faire connaître !

    Bonne sieste…

    "Saxelle", muisque Bernard leroux, juillet 2018.


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  • La période où, pour un enfant, les croyances sont remplacées progressivement par des savoirs est étrange : la réalité n’est-elle pas aussi bizarre ou folle que les mythes ? qu’est ce qui est le plus raisonnable : Trump ou le père Noël ? Et comment s’y retrouver, puisque les grandes personnes racontent n’importe quoi ?

    La p’tite souris n’existe pas, quoique…

    "La p'tite souris", paroles et musique Bernard Leroux juin 2018.

    1

    La p’tite souris existe pas,

    Parce que même si elle existait,

    J’vois pas bien ce qu’elle en ferait

    De ma dent sur mon oreiller.

     

    Ce qui est bizarre dans tout ça,

    C’est que le lendemain, il y a

    Une pièce de un euro toute neuve,

    Comment ça s’fait, je comprends pas.

     

    ref

    Les grandes personnes racontent n’importe quoi

    Parce qu’elles comprennent rien, alors c’est normal

    Que l’monde soit si moche et que tout aille mal.

     

    2

    Le père Noël existe pas,

    Sauf celui des Nouvelles Galeries,

    D’ailleurs, les rennes, ça vole pas,

    Ni le traineau, c’est des conneries.

     

    Comment tu veux qu’il puisse poser

    Une Playstation, un VTT,

    Dans les chaussures de taille quarante

    En passant par la cheminée.

     

    ref

     

    3

    Mais les cloches, y’en a dans les villes,

    Moi je les ai vues dans le clocher,

    Et comme c’était pas en avril

    Elles sont restées accrochées.

     

    A pâques, c’est sûr, elles pondent des œufs,

    On les trouve en cherchant un peu,

    C’est vrai : j’en ai déjà trouvé

    Alors faut pas m’la raconter.

     

    ref

     

    4

    Trump, Poutine et même Macron,

    C’est comme la souris, l’père noël,

    On les voit aux informations

    Pour faire croire qu’ils sont réels.

     

    S’ils existaient ils empêcheraient

    Qu’il y ait des guerres entre les gens,

    Sinon, à quoi ils serviraient,

    Tous ces bonshommes, ces dirigeants.

     

    ref

     

    5

    Quand les enfants auront grandi,

    Plus de père Noël ni de souris,

    Mais l’président, faudra y croire,

    Quand il raconte des histoires.

     

    Et ça n’empêchera jamais

    Les cloches de pondre des œufs frais,

    Ni les souris de remplacer

    Par des euros les dents de lait.

     

    Les grandes personnes racontent n’importe quoi

    Parce qu’elles comprennent rien, alors c’est normal

    Que l’monde soit si moche et que tout aille mal.

     

    Les enfants se demandent parfois pourquoi

    Les grandes personnes trouvent toujours évident,

    Toutes les histoires que disent les présidents.


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  • En réécoutant des choses que j’ai écrites dans les années 90, j’ai retrouvé ce titre qui m’a paru digne d’être remis en musique avec mes moyens actuels.
    J’ai donc repris le texte, la basse et le rythme d’origine, et voilà le résultat…

    A la base, une basse « Fender Jaguar », avec une « groove box », ce truc dont se servent les DJ pour imiter la batterie, augmentée de « vraies » percussions. Puis un harmonica joué avec une pédale wah-wah, une guitare électrique, de la guitare frappée avec une baguette, des chœurs, divers synthés et bruits électro-acoustiques. Un habillage assez « électro », donc…

     "Restons-là", texte et musique Bernard Leroux, juin 2018.

    1 

    La der des ders s’est faite au point d’Hiroshima, 

    L’Europe unit les rots des gros papes en sabbat, 

    Les tambours d’Oradour pleurent leurs larmes viriles, 

    La paix armée apaise la France et ses îles, 

    L’éthique informatique ét(h)iquette nos rites 

    Mais l’amour court toujours autour des arrière-cours, 

    La ville comme un grand corps court encore et toujours, 

    Ses artères dégobillent leurs globules à airbags, 

    Des vaisseaux spécieux courent dans sa viande famélique. 

      

    2 

    Et Paris Montparnasse, érection solitaire, 

    Tour de glace, fend l’espace face à la tour Eiffel 

    Qui, frêle, fêle le ciel d’un fleuret éphémère 

    Et les rots du métro rodent autour des ruelles, 

    L’autoroute, artère mère, enserre la ville lumière, 

    Périphérique arctique, trafic pathologique, 

    Les pensées font un rond abscons, mélancolique, 

    Derrière les cranes ronds, sous les lunes électriques, 

    Apollinaire, ô ma mémoire, ferme boutique. 

      

    3 

    Et ils sont des légions, des milliers, des millions,  

    Leurs corps grouillent, bouillie, bouillante fourmilière, 

    Quark, atome, molécule, je suis cette matière, 

    Mouillant de ma sueur, comme mes frères, la terre, 

    Comme mes sœurs, malheur, mon sang la désaltère, 

    La grande machinerie, et ses rouages, rouerie 

    Qui m’intègre, engrenage d’une grande tringlerie 

    Saccage mon langage dans d’étranges adages, 

    Les mots dits dans la cage présagent le carnage. 

      

    4 

    Mais quoi ? La mer est là, la vague immense est forte, 

    Et le noroît délave mon discours doux amer, 

    L’Homo Erectus fut têtard, puis sort des mers 

    Minuscules ou pullulent tant d’animalcules, 

    Ombres multiples innombrables et microscopiques, 

    Mon pas écrase mille vils cloportes, qu’importe ! 

    Dans l’humus des sous-bois, puis au sein de ma mère, 

    Ce qui me tient en vie est la mort et le fric : 

    Je suis grand géant blanc, vampire de l’Afrique. 

      

    5 

    L’argent coule en mes doigts comme sang des enfants 

    Qu’on envoie au boulot pour me faire beau et gros. 

    Ecroulé et muet, ma télé me prédit 

    Mille félicités, mais si j’y mets le prix, 

    Et dehors, le froid mord les doigts morts à l’aurore, 

    L’hiver prend l’air sévère quand, paterne, un gros père 

    Vêtu de rouge, hotte bien garnie de Barbie 

    Distribue dans les bouges des Nike et des Rollers, 

    Du champagne chambré et des chants à Marie. 

      

    6 

    Et pendant ce temps là, madame lune luit, 

    Les planètes s’envolent de leur orbite creuse 

    Cependant que rigole l’éternelle faucheuse 

    Qui tangue, pendulaire autour des tout-petits, 

    Comme autour des vieillards, il est tard, le cœur meurt, 

    Qu’un tout petit embol obstrue la coronaire 

    Et c’est la fin, l’envol de ce rythme ternaire 

    Qui battit la conga rouge de ta première heure, 

    Qui fit ton cœur batteur, et de ta vie, l’acteur. 

      

    7 

    Assis au banc de pierre, Pierre espère Jeannette, 

    Pierrot, sans colombine, s’abîme comme un poète, 

    L’humanité des hommes, féminité des femmes, 

    Chiens et chiennes se chicanent sur fond de brise charme, 

    Content, pas content, Georges a tout dit de leur âme 

    La pomme de Newton n’est pas tombée, est blette, 

    Les Adams et les Eve, au bois se télescopent 

    Ou dans les boites à rêve, de l’étoile à saint Trop’ 

    Frottis-frottas mièvres, ou taxés avec capote. 

      

    8 

    Atome tout crochu, je m’échoue comme un homme,

    Fourbu de traverser une manche du jeu, 

    A abrité à ton toi, à ton giron de femme, 

    Dernière division cellulaire de mon âme, 

    Les millénaires m’ont fait me défaire de mon dieu, 

    M’ont arraché au feu que couvaient mes aïeux, 

    Et puisque c’est à toi que j’amarre mon radeau, 

    Puisque la plage est large et que le feu est chaud, 

    Puisque je suis à toi, et puisque tu te donnes,

     

    Restons là. 


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  • Pour ceux qui étaient déjà en vie dans les années 60, souvenons- nous que nous vivions sous la menace « atomique », coincés entre deux grandes puissances militaires. Depuis, nous n’avons cessé de vivre dans la peur : guerres, terrorisme, et aujourd’hui péril écologique.

    Autant en rire : depuis que la fin du monde est pour demain, on finit par se demander si elle arrivera un jour…

    « Walking* » jazzy pour ce thème si léger ( !), à base de basse, batterie et piano Rhodes, puis d’orgue Hammond.

     

    * Walking : « en marchant », façon de jouer à la basse une note par temps.

     

    "la fin du monde", paroles et musique B.Leroux, mai 2018.

    1

    Depuis le temps qu’c’est la fin du monde,

    Depuis le temps qu’on nous le prédit,

    De catastrophes en chutes de bombes,

    On s’demande si c’est pas fini.

     

    Depuis la fin de la « der des der »,

    Ca se précise sous forme de guerres,

    De catastrophes nucléaires

    Qui ne passent pas les frontières.

     

    Depuis qu’la fin du monde a commencé,

    On s’demande si elle n’est pas passée.

     

    2

    En mille neuf cent quarante trois,

    En vérité, je ne sais pas

    Si les gens croyaient tout à fait

    Que reviendrait un jour la paix,

     

    Et à partir d’Hiroshima,

    Little Boy, Fat Man et tout ça,

    Les peuples ont toujours marché droit

    Terrorisés par la bombe A.

     

    Depuis qu’la fin du monde est finie

    On s’demande si c’est pas aujourd’hui.

     

    3

    En l’an deux mille de notre temps,

    Gourous, devins, et même savants

    Ont prédit la fin, l’apocalypse,

    De signes astraux en éclipses.

     

    En deux mille un, les tours jumelles

    S’écroulent dans le sang et les larmes,

    Provoquant les guerres cruelles

    De l’oncle Sam, et de ses armes.

     

    Depuis qu’la fin du monde est ici,

    On s’demande si elle n’est pas finie.

     

     Instrumental

     

    4

    On annonce la fin des espèces,

    La fonte des glaciers et tout l’reste,

    Depuis que les bombes sont rangées

    C’est la nature qu’est en danger.

     

    L’océan est plein de plastique,

    Y’a plus d’abeilles, plus de moustiques,

    Nous finirons par nous noyer

    Quand auront fondu les glaciers.

     

    Depuis qu’la fin du monde est annoncée,

    On s’demande si elle n’est pas en r’tard,

    Et puisqu’elle tarde à arriver,

    Il reste quand même un peu d’espoir.

     


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