• L'homme au trou.

     

    Cette chanson est une adaptation d’une nouvelle écrite en 2000, et que vous trouverez à la suite.
    Je ne sais pas si nous avons tous un trou, mais c’est souvent ce qui fait que nous trouvons l’âme sœur, les pleins de l’un venant compenser les failles de l’autre, et vice-versa…

     

    Musique d’inspiration « renaissance » pour cette comptine, avec : nyckel harpa https://fr.wikipedia.org/wiki/Nyckelharpa , violons, violoncelle, guitare classique, clavecin et basse.

    Seul le clavecin est synthétique, les autres instruments sont réels. (même le nyckel harpa!)

     "L'Homme au trou", chanson, paroles et musique B.Leroux, mars 2018.

     

    1

    Il y avait un homme qui avait un trou,

    Ca ne lui faisait pas mal,

    Mais c’était pas très normal,

    Convenons-en entre nous,

    Le trou se trouvait à la place de son foie,

    On pouvait voir à travers,

    Il avait juste un peu froid

    A cause des courants d’air.

     

    ref :

    C’était une fable,

    C’est une histoire de fous,

    Elle est incroyable

    L’histoire de l’homme au trou.

     

    2

    Il y avait un homme qui avait un trou,

    Il le sentait sans arrêt

    Comme un grand vide, un danger,

    Et ça, ça le rendait fou.

    L’homme au trou a été voir des spécialistes,

    Des docteurs, des chirurgiens,

    Et même un psychanalyste,

    Mais aucun n’y pouvait rien,

     

    ref.

    3

    Un jour une femme, une jeune délurée

    Lui demanda de l’aider

    A changer un pneu crevé :

    Lui aussi était troué.

    Puis elle invita, en guise de remerciement,

    L’homme troué convoité

    A venir prendre le thé

    Dans son bel appartement.

     

    ref.

     

    4

    La suite serait difficile à raconter :

    Cupidon, ce dieu ailé

    Décocha un de ses traits

    Dans le dos du perforé,

    Mais la flèche ne fit que passer à travers

    Le trou et se ficha dans

    Le cœur de sa partenaire

    C’est un charmant accident.

     

    ref

     

    5

    A partir de là, elle l’aima avec son trou,

    Considérant qu’après tout

    Elle aussi en avait un

    Et que c’était très commun.

    Ils vécurent heureux et eurent beaucoup d’enfants,

    Et cet aimable accident

    Firent d’eux de bons parents

    D’enfants, troués cependant.

     

     

    ref.

     


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  •  

    Il y avait un homme qui avait un trou. 

    Ca ne lui faisait pas mal, juste peut-être un peu froid quand passait un courant d’air, mais il suffisait qu’il fût habillé pour ne pas les sentir.

    Le trou était au milieu de son ventre, là où se situe normalement le foie. En se plaçant selon une perspective précise, on pouvait voir le jour à travers, car le trou était grand : on était immédiatement étonné qu’un trou aussi important puisse se trouver au milieu d’un tel homme. On aurait pu y passer le bras. Un enfant de douze ans aurait pu sauter à travers s’il n’avait craint de passer pour un animal de cirque.

    Cet homme ne vivait pas, on s’en doute, comme les autres hommes. Il lui fallait, à chaque instant de sa vie, emmener son trou partout où il allait. Quand il fréquentait des personnes qui ignoraient cette particularité de son anatomie, il faisait semblant de rien, ce qui n’est pas chose facile quand on a un trou de cette taille. Quand, au contraire, il était avec ses proches, il essayait de ne pas les ennuyer avec les problèmes divers qu’entraînait cette infirmité : il aurait eu peur de les lasser. Ces problèmes n’étaient pas digestifs, ni fonctionnels : il ignorait comment sa colonne vertébrale est ses viscères se débrouillaient, mais tout cela fonctionnait parfaitement. Tout au plus ressentait-il, à partir de vingt-trois heures, une légère lassitude, mais vous conviendrez que cela est un phénomène assez répandu.

    Non : tout le mal venait de ce qu’il sentait le trou. Non pas douloureusement, comme d’une blessure, mais il le sentait, jusque dans son âme, et à chaque instant. « Bah !, me direz vous, il n’avait qu’à faire comme s’il n’existait pas, et tout sera dit ! » (A propos, avez-vous remarqué qu’on ne dit jamais « bah ! » dans la vraie vie ?) Mais là, justement, résidait la douleur de notre homme : il n’y parvenait pas. Il pensait à son trou, tout le temps, du réveil au coucher, et la nuit il en rêvait.

    Cet état l’amenait souvent à une grande mélancolie. Il essayait alors de se distraire, en allant au cinéma, par exemple, ou en se promenant en forêt. Mais quoi qu’il fît, le trou était toujours là, il le suivait en quelque sorte, comme vous précède votre nez et vous succède votre derrière.

    Il lui arriva de consulter des spécialistes. Ils avaient d’abord cette attitude très détachée du psychiatre qui écoute les folies d’un patient, mais quand ils l’examinaient, ils étaient bien obligés de constater la réalité de ce qu’il décrivait. Ils avaient alors des réponses diverses. Les plus anciens, ceux qui en ont vu d’autres et à qui on ne la fait pas, lui tapotaient gentiment l’épaule avec des paroles rassurantes : « Allons, mon vieux, vous vous portez comme un charme. N’y pensez plus, et voilà tout… » D’autres, impressionnés par une monstruosité qu’ils n’avaient jamais vue décrite dans aucun manuel de médecine, le renvoyaient à un autre spécialiste. Ainsi, de médecin en médecin, il finit par arriver dans le cabinet d’un chirurgien esthétique qui lui proposa de greffer un lambeau de peau de fesse sur son ventre pour masquer le trou. Mais il savait que, même invisible, le trou serait toujours là et que cela ne servirait à rien. Il arrêta donc de fréquenter les cabinets médicaux.

    Quelqu’un lui conseilla la psychanalyse : on n’a jamais rien inventé de mieux pour en finir avec ses conflits internes, lui dit-on. Et interne, ça l’était, puisque c’était au milieu de son ventre. Il alla donc, pendant plusieurs années, parler de son trou deux fois par semaine en s’allongeant devant un monsieur qui ne disait pas grand chose. Cela lui coûta fort cher et ne changea rien ni à son trou, ni à sa peur du trou. Un jour, il osa en faire part au digne disciple de Freud qui lui répondit : « l’essentiel n’est pas la guérison, mais de mener à son terme votre psychanalyse ». Peu après, il estima que c’était chose faite, et il repartit avec un trou supplémentaire : celui de son budget.

    Il ne déplaisait pas aux femmes, étant par ailleurs d’un physique agréable. Mais il était incapable de se montrer nu devant elles, et vous comprendrez à quel point cela constituait un handicap dans sa vie sentimentale. Il avait beau user d’artifices et de ruses diverses, les femmes d’aujourd’hui ne peuvent se contenter très longtemps de longues promenades ou de billets doux : fatalement, et peu de temps après le premier baiser, elles en demandaient plus. Il essaya de s’en sortir par divers artifices. A l’une, il déclara qu’il avait sur la poitrine une si vilaine cicatrice qu’il préférait ne pas lui montrer. Hélas, lors de leurs ébats amoureux, le maillot qu’il avait eu soin de garder se releva assez pour que la jeune fille vît le plafond à travers son amant. Elle éclata alors d’un rire dément qui fit instantanément disparaître de son corps ce qui en lui était saillant, et la jeune femme ne put éteindre son fou rire qu’après que la lumière le fût. A l’autre, il déclara franchement qu’il avait un trou au milieu du corps. La femme, plus mûre, l’écouta avec compassion, l’assura que cela ne la gênait pas, que chacun porte sa croix en ce monde et que les hommes parfaits n’existent pas. Rassuré, il laissa advenir ce qui devait advenir, et décida de ne rien cacher. Après tout, une femme qui l’aimait devait l’aimer avec son trou, sinon elle n’avait rien à faire dans sa vie. Cette belle résolution prise, il se montra à elle franchement, dans le plus simple appareil. La réaction fut immédiate : la femme écarquilla les yeux, éclata en sanglots et partit au plus vite en s’excusant entre deux reniflements. Ce jour là, l’homme au trou crut que sa vie sexuelle était terminée à tout jamais. Il se trompait : à quelque temps de là, une jolie collègue de travail, au bureau ou il oeuvrait comme perforateur de cartes, lui fit des avances non dissimulées. Il commença par faire celui qui les ignorait, si grande était sa peur de montrer à qui que ce fût son manque d'estomac. Et pourtant il la désirait, si fort qu'en ses fantasmes les plus fous, il rêvait de son corps, se représentant sa peau nacrée, ses volumes divins, et, au plus intimes de ses rêves, un certain trou qu'elle avait, elle aussi, particularité qu'elle partageait, par contre, avec ses consœurs. « Et voilà, se disait-il, il suffit de ne pas être comme les autres, et c'est la catastrophe. Si tous les hommes avaient, comme moi, un trou au milieu du corps, ça ne me poserait aucun problème. Ce serait peut être même, pour les femmes, un atout de séduction supplémentaire. » Mais voilà, ce n'était pas le cas.

    Alors il rentrait chez lui, chaque soir, en rêvant à sa belle collègue à la poitrine si saillante, et pleurait dans son lit en maudissant le trou, allant dans son désespoir jusqu’à y fourrer son oreiller pour se sentir plein. En vain.

    Cette dame n'étant pas bête, elle comprit qu'il avait du désir pour elle, et que quelque chose l'empêchait de se déclarer. Elle voulut savoir. Elle se fit plus explicite, et lui plus intimidé. Que faire ? Se disait-elle, craignant de passer pour une dévergondée si elle passait la première à l'offensive.  Elle décida de lui tendre une embuscade.

    A la sortie du travail, un soir, elle le pria de l'aider à changer une roue de sa voiture, qu'elle avait eu soin de dégonfler préalablement. Quel mâle serait assez mufle pour refuser un tel service ? En réalité, l'accès des femmes à la conduite des automobiles a certainement fait plus pour les aider à s'exprimer qu'on pourrait le supposer à première vue. L’homme au trou, ravi, s’exécuta : rien de mieux qu'un tel exercice pour montrer des muscles saillants en pleine action, son savoir-faire en matière d'érection de cric et la force physique dont peut faire preuve un homme troué aussi bien qu'un autre. L'opération fut menée à bien en quelques minutes. Il ne restait plus qu'à l'inviter à se laver les mains chez elle, et le tour était joué. « Bah ! (encore!), se dit-il, qu'est ce que je risque? Je n'ai pas de trous aux mains.»

    Une fois chez elle, mains lavée, thé bu et banalités d'usages dites, elle lui suggéra que s'il allait un peu plus loin que l’exige la collégialité, eh bien elle ne lui en voudrait peut être pas. Il la prit dans ses bras et ce fut un long, enivrant, fougueux baiser, dont il crut qu'il ne finirait jamais, c'est ce qu'il espérait, du moins. Quand ils détachèrent leurs bouches l'une de l'autre, elle se pelotonna contre lui en murmurant :

    « prends-moi dans tes bras et serre moi fort... »

    A ce moment, Cupidon, lui décocha une flèche qui l'atteignit dans le dos. Tout autre se serait écroulé, victime de la catastrophe qui consiste à aimer sans retour. Mais la flèche, passant au beau milieu de son corps, alla se ficher dans le cœur de la belle, qui sut alors qu'elle l'aimerait toujours, et que même ses béances lui seraient désirables.

    Ils se marièrent, furent heureux et eurent beaucoup d'enfants troués.

    Bah…

     

    Bernard Leroux, juin 2000.


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  • Jusqu’à la fin des années 70, dans les villages, il y avait des bals. Les jours de foire, on montait sur la place une « chaumière », un parquet couvert, et on embauchait pour l’occasion un orchestre. Ces musiciens étaient souvent des amateurs et leur prestation très moyenne. Ils jouaient ce qui était alors à la mode en France : de la « variété », Claude François, Michel Delpech, et bien sur Johnny, mais aussi du rock, de la « pop »…

    J’ai été brièvement un de ces musiciens. Cette chanson est strictement autobiographique : j’ai essayé de reproduire l’ambiance générale, y compris au niveau des sons. Orgue électrique, guitare « vintage », batterie « lourde », fausses notes de la basse…

    Une époque qui s’acheva brutalement avec l’arrivée du « disco », un bulldozer qui mit fin aux « orchestres de variété », laissant place pour longtemps aux « D.J » et leur sono, et mettant les « musicos » au chômage…

     

     "Baloche", paroles et musique B.Leroux, mars 2019.

    1

    Je voulais être musicien,

    Et pourtant je jouais comme un pied ;

    Bien que ce soit un métier d’chien

    Où on ne gagne presque rien

    J’ai voulu en faire mon métier.



    J’ai commencé en apprenti

    Et je suis allé jouer les samedis

    Dans les p’tites villes, les patelins,

    Pour un repas et des radis

    Dans les bals des foires au boudin.

     

    2

    Du temps de Delpech et Johnny

    Les groupes s’appelaient des « orchestres »,

    On jouait des huit heures par nuits

    Et on roulait des kilomètres

    Dans un camion qui puait l’huile.

     

    Les musicos étaient des gars

    A peine plus âgés que moi

    Qui jouaient comme des manches et hurlaient

    Sans cesse des obscénités

    Et puaient comme des putois.

     

    3

    Trois bières au bar et trois kawas,

    Le batteur faisait « un deux trois »,

    Le rock’n roll, la mazurka,

    Stone et Charden, et Claude François,

    La basse faisait n’importe quoi.

     

    Les couples se trémoussaient en bas,

    Y’ avait de la drague, des face à face,

    De la bagarre quelquefois,

    Fallait se garer pour ne pas

    Prendre une canette dans la face.

     

    4

    On arrosait les musiciens,

    On était saouls au p’tit matin,

    Le son devenait d’la purée

    Personne ne s’en apercevait,

    Et c’est comme ça qu’on repartait.

     

    Au matin dans la bétaillère

    Les gars roupillaient à l’arrière

    Et moi j’avais une peur d’enfer

    Que le chauffeur nous foute en l’air

    Tell’ment il était plein de bière.

     

    5

    C’était les années de baloche

    Et aussi de vache enragée,

    Je n’ai jamais aussi mal joué

    Sans que personne me le reproche,

    Et avec pas un sou en poche.

     

    Mais aujourd’hui un musicien,

    Un rêveur, un pauvre gamin

    Qui voudrait gagner sa vie a -

    Vec son instrument, ses dix doigts,

    Vaut mieux qu’il se fasse…Di Jey.

     

     


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  • Remix total pour cette chanson écrite dans les lointaines années 90, quand les tours jumelles étaient encore debout et qu'Emmanuel Macron n’avait que 13 ans. Mais certains thèmes sont intemporels : les rapports hommes-femmes, par exemple…

    Rythme de samba pour ce titre, avec son côté brinquebalant truffé de shakers, cloches, congas et bongos. La guitare espagnole et la basse tiennent la base rythmique.

    Quant aux soli…Au fait, devinez un peu de quel(s) instrument(s) il s’agit ?
    Le gagnant aura droit à toute ma considération.

     

     "Pingouins et meringues", paroles et musique B.Leroux, 1999.

    1

    Elle, elle passe,

    Si perspicace,

    Dans l’espace

    De son impasse,

    Elle, elle froisse

    Tout c’qui l’angoisse,

    Enthousiaste

    Et iconoclaste,

     

    Elle manie

    Ses insomnies,

    Alchimie

    De l’anatomie,

    Cocaïne

    Ou bien héroïne,

    Enfantine

    Et cabotine.

     

    Quelle âme infâme

    Elle a, cette femme

    Qui rétame

    Le pauvre quidam,

    Pauvre hère

    Pendu aux patères

    De la chair

    Ou de l’adultère !

     

    2

    (Et lui) Il ne cesse

    pas ses caresses,

    Il s’empresse

    Avec gentillesse,

    C’est l’ivresse

    Ou la tendresse,

    Pécheresse

    Enchanteresse,

     

    Lui, il plonge,

    Il jette l’éponge,

    Ca le ronge

    Tous ces mensonges,

    Mais la longe

    Ne se rallonge

    Pas, « allonge-

    Toi, c’est un songe »

     

    Ainsi chante le loup-garou

    Aux dents blanches

    De vieux matou

    Qui s’empiffre,

    Au bout d’une griffe,

    Sa souris

    Comme un p’tit rosbif.

     

    3

    Mais peut-être

    Qu’entre ces deux êtres,

    Sans paraître,

    Sans en avoir l’air,

    Un autre air,

    Une autre chanson

    Sans façon

    Chante à l’unisson,

     

    Cette geisha

    Qui croyait mentir

    A ce gros chat

    Qui croyait séduire,

    Quel rachat,

    Qui l’eût cru ont pu

    S’abstenir

    De s’manger tout crus,

     

    Et patatrac !

    Voilà tout l’bastringue :

    Lui en frac,

    Et elle en meringue,

    En pingouin,

    Cheveux gominés,

    Elle est loin

    Sa fleur de mariée !

     

     


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  • Un vieil homme refuse de mourir car il y a trop de choses qu’il aime encore…

    Un thème qui amène à chanter la beauté de la vie, dans sa grandeur et ses détails, jusque dans l’odeur des postes à lampe, de façon légère comme une valse swing. Piano « Rhodes », piano, basse-batterie aux balais, guitare jazz, une touche d’accordéon et des violons, en avant pour le bal, jusqu’à la fin.

     

     

     "Les postes à lampe", paroles et musique B.Leroux, février 2019.

    1

    Quand le temps fut venu de penser à son départ,

    Le vieil homme déclara qu’il n’était pas d’accord 

    Pour rendre son âme à Dieu ou bien au diable car

    Ce qu’il y a au-delà on ne le sait pas encore,

    « Il y a trop de choses ici bas que, malgré mon grand âge,

    J’aime parce qu’elles sont là et qu’elles me font sourire,

    Quand j’en aurai fini de tous ces enfantillages,

    Revenez me chercher je serai prêt à partir.

     

    2

    J’aime le matin frisquet et l’air vif et marin,

    J’aime le ciel bleu ou gris, les nuées et le vent,

    J’aime l’orage grondant, l’éclair bref et soudain,

    J’aime l’odeur de la pluie et le soleil brûlant.

    J’aime aussi bien d’autres choses, futiles ou amusantes,

    Comme les reflets sur les cuivres et les parquets cirés,

    L’odeur chaude des fourneaux et des postes à lampe,

    Le murmure de la soie, du papier chiffonné.

     

    3

    J’aime les femmes, et leurs gestes, leurs chants et leur voix chaude,

    J’aime leurs cheveux de soie et leur peau de satin,

    J’aime leur parfum de fleur et leurs yeux d’émeraude,

    Et j’aime leur compagnie qu’elles soient blondes ou châtain.

    J’aime les livres et les trésors d’histoires dans leurs ailes,

    Qui me font voler si loin que j’oublie le présent,

    J’aime aller avec eux là où consonnes et voyelles

    M’entraînent dans des pays étranges et accueillant.

     

    4

    J’aime à savoir que je suis autre que la poussière,

    Sorti du néant par je ne sais quelle loterie,

    J’aime penser à cela, si ça n’est pas prière,

    C’est plutôt par philosophie qu’idolâtrerie,

    J’aime voir par mes yeux et toucher par mes deux mains,

    Et s’écrire ma pensée comme dans un livre ouvert,

    J’aime ma conscience d’être même si je ne suis rien

    Qu’une minuscule poussière perdue dans l’univers ».

     

    5

    Quand le temps fut venu de penser à son départ,

    Le vieil homme déclara qu’il n’était pas d’accord

    Pour rendre son âme à Dieu ou bien au diable car

    Ce qu’il y a au-delà on ne le sait pas encore,

    « Il  y a des choses ici bas que malgré mon grand âge

    J’aimais parce qu’elles étaient là et me faisaient sourire,

    J’ai enfin dit adieu à tous ces enfantillages,

     Revenez me chercher car je suis prêt à partir. »


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  • Parmi les personnes qui décident de divorcer, certains ne supportent plus leur conjoint. D’autres ne supportent plus le contrat du mariage : c’est souvent le cas des femmes, qui en ont assez de jouer le rôle de femme de ménage.

    Pour ce sujet, il fallait une musique percussive : congas, bongos et diverses percussions sont là : xylophone, cymbales. Je me suis aussi essayé à la «slap basse », qui est un genre de percussion (on frappe les cordes au lieu de les pincer). Et des guitares électriques en contretemps, façon « reggae ». La partie instrumentale est jouée au violoncelle cordes pincées, façon contrebasse.

     

     "Elle divorce", paroles et musique Bernard Leroux, février 2019.

    Elle n’avait rien contre lui,

    C’était même un beau parti,

    Faisait rien dans la maison,

    Elle, elle rangeait ses caleçons,

    Ménage, vaisselle et cuisine

    Ne l’concernaient pas du tout,

    Elle repassait ses chemises

    Vidait la poubelle, et tout.

     

    ref

    Elle ne divorce pas de lui,

    C’était même un bon mari,

    Plus d’temps à perdre à son âge,

    Elle divorce du mariage.

     

    Ca n’avait rien d’personnel,

    Mais les week-ends avec celle

    Qui l’avait mis au monde un jour,

    Ca, c’était vraiment trop lourd,

    Son beau père disait : « ma chère,

    Vous devriez faire un effort,

    Mon fiston m’a dit hier

    Qu’au lit, chez vous ça va pas fort. »

     

    ref

     

    Elle en avait vraiment assez

    De tous les jours ramasser

    Son linge sale, nettoyer les chiottes,

    Elle chauffait comme une bouillotte,

    Quand ils invitaient des amis

    Il disait : « j’vous ai servi

    Ma spécialité culinaire »,

    Elle avait envie d’le faire taire.

     

    Ref

     

    L’étincelle qui a mis le feu

    Ca n’a pas été la BM

    Qu’ils ont acheté tous les deux

    Et qu’il a choisi sans problème,

    Et pas non plus les soirées

    Avec ses potes les jours de foot

    Où elle servait des bières glacées

    Et qu’ils n’en avaient rien à foutre.

     

    Ref.

     

    C’est pas non plus cette note d’hôtel

    Qu’elle a trouvé dans une poche

    Alors qu’elle faisait la lessive,

    Même si elle a trouvé ça moche,

    Non, la blessure décisive,

    La vraie raison existentielle,

    C’est qu’elle se sentait captive

    Du balai et du lave- vaisselle.

     

    Ref.

     

    Depuis, elle vit seule sans lui,

    Elle ne range que son linge à elle,

    Fait sa cuisine et fait son lit

    Et ne s’en porte pas plus mal,

    Quand elle a une chute de moral

    Elle se blottit sur une épaule,

    Elle dit : « C’était bien, on s’appelle »

    Mais elle garde le contrôle.

     


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  • La dette ostéo-tendineuse.J’ai mal au dos comme 90% de mes compatriotes.
    Autant dire que je suis comme tout le monde, et je le dis dans cette chanson prophylactique : jeunes gens, attention, le travail, c’est mauvais pour la santé ! Un jour, 90% d’entre vous paieront la note…

    Arrangement jazzy pour cette chanson avec basse, batterie, banjo, piano, guitares « manouches », flûte de pan, guitare jazz et ensemble de saxos.

     

     "la dette ostéo-tendineuse", paroles et musique B.Leroux,

    janvier 2019.

     

    1

    J’ai mal partout, d’la tête au pied

    J’ai mal partout j’ai mal comme un estropié,

    J’ai mal aux épaules et aux avant bras,

    J’ai mal à la colonne de haut en bas,

     

    J’ai mal à la tête, à la mâchoire, au cou,

    J’ai mal aux hanches et j’ai mal aux genoux,

    J’ai mal aux pieds, aux orteils ça m’rend fou,

    J’ai mal au dos, aux lombaires et partout,

     

    Alors j’ai été voir un spécialiste.

     

    ref :

    C’est la dette ostéo-tendineuse,

    Personne ne pourra y échapper,

    C’est la crise cartilagineuse,

    Un jour il faudra la payer.

     

    2

    Le docteur dit : « faut passer des radios »,

    le radiologue dit : « faut passer un scanner »,

    Le kiné dit : « faut travailler les abdos »,

    L’ostéopathe : « j’vais vous débloquer les nerfs »,

     

    L’acuponcteur dit : « le yin, le yang »,

    L’homéopathe : « prenez du perlimpinpin »,

    Le psy me dit un truc dans sa novlangue,

    Le naturopathe d’embrasser les sapins,

    Alors j’ai compris de quoi on causait :

     

    ref.

    C’est la dette ostéo-tendineuse,

    Personne ne pourra y échapper,

    C’est la crise cartilagineuse,

    Un jour faudra y passer.

     

    Instrumental

     

    Ref.

     

    3

    T’as mal partout parc’ que t’es vieux,

    T’as mal partout jusque dans le fond des yeux,

    T’as mal à cause des excès de travail,

    T’as mal pour mériter une médaille,

     

    Le travail c'est mauvais pour la santé,

    Quand t’étais jeune tu en as abusé,

    Alors n’oublie pas de dire aux gamins

    Que s’ils bossent trop ils le paieront demain.

     

    ref :

    C’est la dette ostéo-tendineuse,

    Certains pourraient y échapper,

    C’est la crise cartilagineuse,

     

    Ne te laisse pas rattraper.


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  • Illustration:

    Claude Monet

     

    « Quel monde nous avez-vous laissé ? » dit le fils.

    Le père répond…

     

    Style pop-folk pour cette chanson, avec de la guitare folk, basse, batterie, piano, synthé « strings » et violoncelle « au doigt » pour la basse.

     

     

     "Jardin de roses", paroles et musique B.Leroux, janvier 2019.

    1

    « Vous nous laissez en héritage

    Un monde ravagé, détruit,

    Autour de nous, que des naufrages,

    La peur du futur dans nos vies.

    Nous avons été à l’école,

    Qui nous a mené chômage

    Ou a des travaux sans parole

    Un monde sans sons, sans images.

     

    Le monde est fou, le monde explose,

    Pourquoi nous avoir laissé ça ?

    Nous voulions un jardin de roses

    Et nous ne sommes que des forçats. 

     

    2

    - Nous avons travaillé sans cesse

    Pour que vous puissiez advenir,

    Ca suffit pas, la gentillesse

    Pour qu’un enfant puisse grandir.

    Avant nous, il y avait la guerre

    Il a bien fallu reconstruire

    Soigner les blessures d’hier

    Les larmes sont longues à tarir.

     

    Vous vouliez un jardin de roses

    Nous n’vous avions pas promis ça,

    Il est devenu autre chose

    Chacun de nous fait ce qu’il doit.

     

    3

    -Nous vivons dans des banlieues tristes

    Dans des maisons laides à pleurer,

    Dans un univers égoïste,

    Il ne nous reste qu’à travailler

    Dans des bureaux ou des usines,

    Dans des univers étouffants,

    Des collégialités en ruine

    Pour pouvoir nourrir nos enfants.

     

    Le monde est fou, le monde explose,

    Pourquoi nous avoir laissé ça ?

    Nous voulions un jardin de roses

    Et nous ne sommes que des forçats.

     

    - Vous vouliez un jardin de roses

    Nous n’vous avons pas promis ça,

    Il est devenu autre chose

     Chacun de nous fait ce qu’il croit. »


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  •  

    Des goûts et des couleurs, on ne discute pas. J’ai donc préféré en faire une chanson dont l’acteur principal est un spécialiste : un peintre…
    L’orchestration est jazzy, avec les instruments qui vont avec : rythmique à la guitare jazz, piano électrique Rhodes, orgue Hammond, contrebasse, batterie au balais, et sax.

     

     Des goût et des couleurs, paroles et musiques B.Leroux.

    1

    Elle avait les yeux azur,

    Je voulais tenter ma chance,

    Mais je n’étais pas très sûr,

    J’en avais le teint garance,

    La timidité, c’est dur,

    Et à vrai dire j’étais vert

    De peur devant sa froidure,

    Grelottant comme en hiver.

     

    Pourtant, ses lèvres incarnat

    Dans un visage céruse

    Fascinait mon regard à

    Tel point que j’n’avais d’excuse

    A ne pas me déclarer

    Que son regard noir de jais

    Qui me faisait pâlir comme

    Si je tombais dans l’vert pomme.

     

    Bleu indigo et violet,

    Rouge, orange, vert Cæruleum.

     

    2

    Un jour, mon destin fournit,

    Jour à marquer d’une croix blanche,

    Un prétexte en or massif :

    Je suis peintre du dimanche,

    Et je cherchais un modèle,

    Elle se présenta chez moi

    Avec ses ch’veux mirabelle,

    A moins qu’ça ne soit chamois.

     

    Son académie d’albâtre

    Fit s’affoler mon pinceau,

    Des reflets, ombres bleuâtres

    Magnifiaient ce beau tableau,

    Pour mon projet d’huile et toile,

    Cyan, magenta, jaune et noir,

    Je craignais l’échec fatal

    Dans un magma caca d’oie.

     

    Rouge, jaune, blanc boréal,

    Violet, indigo, bleu roi.

     

    Instrumental

     

    Suburnst, hot rod, black gloss,

    Daphne blue, Olympic white.*

     * Couleurs des guitares Fender.

    3

    Cependant, ses beaux yeux pers

    D’une nuance céruléenne

    N’étaient pas des plus experts

    Car elle était daltonienne,

    Et pendant que mes pinceaux,

    En des arcs-en-ciel troublants,

    Eclataient sur le tableau,

    Elle pensait en noir et blanc.

     

    Et, espérant ses faveurs,

    Quand je lui montrai la chose

    Explosant de mille couleurs

    Elle resta de marbre rose,

    Son regard soudain très dur,

    Devenu bleu électrique,

    Elle dit : « j’aime pas la peinture

    Je préfère la musique. »

     

    Grège, taupe, et même noir pur,

    Gris souris et blanc arctique.

     

    Gris souris, blanc arctique,

    Grège, taupe et même noir pur.


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  • Moi aussi.Dans l’ambiance insurrectionnelle actuelle, je me suis dit qu’on ne parlait pas assez de ce que le travail nous fait subir. C’est l’objet de cette chanson qui s’inspire, plus ou moins, de mon propre itinéraire, vu à travers un filtre pessimiste. Rassurez-vous, j’ai eu aussi de bons moments au travail…

    Une orchestration électro-rock pour ce titre, avec des synthés, des bruitages électroniques, de la guitare électrique, du piano, de la basse et des percussions, timbales et cymbales.

     "Moi aussi", paroles et musique B.Leroux.

    1

    Moi aussi, je me suis levé à quatre heures du matin

    Pour aller nourrir la machine, parce que la machine a faim,

    Moi aussi j’ai eu mal au corps, mais surtout eu mal à l’âme,

    J’ai dû souffrir dans le bruit, le danger, les cadences infâmes.

     

    Moi aussi, dans un centre de tri, j’ai bossé dur la nuit,

    J’ai vu passer tellement de lettres, passer tellement de colis,

    Je les voyais tourner même en dormant, autour de mon lit,

    Moi aussi j’ai vu des types se saouler pour rester en vie.

     

    Moi aussi j’ai été laver des autistes sous la douche,

    En rang, à poil dans les couloirs comme les prisonniers des camps,

    Dans le bruit, et surtout les odeurs, maculés d’excréments,

    Cinq minutes par individu décrassés, habillés, couche.

     

    Moi aussi j’ai vu le sang, des blessés dans les ambulances,

    Je l’ai épongé dans les couloirs, encaissé cette violence,

    Lavé les salles de pansements, poubelles sanglantes et vieilles compresses,

    Pas le droit de parler, ni de s’asseoir, une sergent en blanc aux fesses.

     

    J’ai vu tellement de suicides ratés que je ne peux plus les compter,

    J’ai vu des femmes tabassées, et leurs conjoints nous menacer,

    La folie faire des ravages, vu des adolescentes violées,

    Des hommes brisés par la drogue, l’alcool et leur réalité.

     

    Moi aussi j’ai compté les heures qui tuaient ma liberté,

    J’ai obéi aux ordres même quand je les désapprouvais,

    Ils m’ont infantilisé, jugé, noté, et sous-payé,

    Moi aussi j’ai été méprisé par des chefs formatés.

     

    Alors quand je te vois manifestant, criant des slogans,

    Que le drapeau soit rouge ou noir, contre les riches arrogants,

    Ma révolte, étouffée par des années de peur ressurgit,

    Je ne peux pas te donner tort, je te rejoins, moi aussi.


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