• Elle se souvient.

    Elle se souvient.Nous sommes encore après la fin du monde. (voir chanson précédente)

    Elle, qui était si gentille, est devenue une vieille femme, et se souvient de ce garçon timide qui n’osa pas se déclarer quand il en était encore temps. Plus apte que les hommes à se projeter dans l’avenir, elle rêvait de la vie qu’elle aurait eue si…

    Une valse à 6/8 avec guitare classique, piano, basse, batterie et harmonicas pour cette rêverie de la fin des temps...

    "Elle se souvient", paroles et musique B.Leroux, septembre 2017.

    1

    Elle se souvient du temps où, étant jeune fille,

    Elle passait dans la rue, pour se rendre au marché,

    Au printemps, la lumière était vive et dorée

    Sur les bancs des forains, les gens, et les familles.

     

    Les odeurs de fleurs, de pain passaient dans la brise,

    Autour de ses jolies jambes sa jupe dansait,

    Et il ne manquait pas de garçons qui osaient

    Lui lancer les regards d’une tendre entreprise,

     

    Certains de façon franche, directe, dans ambages,

    D’autres plus discrets, ne voulant pas offenser

    Celle que leur regard effleurait, caressait,

    Et elle préférait de loin ce genre d’hommage.


    C’était un de ces timides qu’elle préférait,

    Parce qu’elle savait qu’elle lui faisait peur,

    Son pouvoir était de suggérer cette ardeur

    Et son hommage à lui, sincère, la touchait.

                                                

    2

    Dans sa chambre, le soir, comme toutes les jeunes filles,

    Elle ne rêvait pas du prince des histoires

    Mais de celui avec qui elle irait plus tard

    Vivre ses rêves à deux, fonder une famille.

     

    Dans ses beaux yeux passaient des images banales

    Qui le sont beaucoup moins lorsqu’elles vous arrivent :

    Une maison, une vie sans peurs et sans dérives,

    Une vie sans histoires, dorée et virginale.

     

    Où, au marché, les gens l’appelleraient « madame »

    Parce qu’elle aurait avec elle un bel enfant

    Qu’elle imaginait dormant dans un landau blanc,

    Véritable princesse, la reine des femmes.

     

    Elle rêvait de vacances à la mer, et de plages,

    De cabines en couleur et de bateaux blancs

    Suivies de rentrées des classes avec des enfants

    Cartables sur le dos, à l’école du village.

     

    Instrumental.

     

    3

    Elle se souvient du temps d’avant la tempête,

    Quand elle avait encore des rêves inachevés,

    Ils étaient là, les mondes ou elle voulait aller,

    A sa portée, mais la destruction fut complète.

     

    Il n’y a plus que les souvenirs flous, qui durent

    D’une vieille femme qui se souvient des beaux jours

    Enfuis où elle espérait rencontrer l’amour

    Parce qu’elle croyait encore qu’il y avait un futur,

     

    Qu’il y avait un futur.

    « Je me souviens. »

  • Commentaires

    1
    Lundi 25 Septembre à 10:11

    Rappel utile et musicalement beau que l'amour fait tourner le monde et que c'est le manque d'amour qui .......

    2
    Lundi 25 Septembre à 22:55
    1
    alain
    Il y a 3 heures   Supprimer le commentaire

    "Coucou ? Y reste quelqu'un par là ?" Se demanderait la belle après la grande catastrophe...

    Sur une mélodie swing et relax... Encore le paradoxe !

    Elle semble sans angoisse, résignée ? Mais enfin, sera-t-elle seule, vraiment seule ? Juste avec ses souvenirs ?

    On a du mal à le croire, elle est si vivante ; et les garçons autour aussi...

    Ou bien n'est-ce pas une rumination, un sale moment comme tous les adolescents les traversent : "no future" disaient les anciens punks. Pourtant, eux aussi sont devenus vieux... Ou bien ils ont quitté la scène, trop certains qu'il n'y aurait plus rien...

    Bon. Comme le disait L'ami Georges (Brassens), y'a pas d'âge pour être con : les vieux ont peur de tout : mais n'est-ce pas dans l'ordre des choses : un monde s'éteint, pour qu'un autre advienne.

    Ho, bien sûr, pas de mode d'emploi pour ce monde nouveau. Il faut tout réinventer à chaque fois, et les jeunes (s'ils évitent d'être cons) feront leur maximum pour le rendre meilleur.

    C'est vrai, y'a du boulot... Mais quoi, les vieux aussi n'ont pas arrêté de trimer pour l'améliorer ; et il y a eu beaucoup de progrès ; il faut le dire... Des chantiers ont été défrichés ; pas assez vite, on pourrait croire que rien n'a été fait, et pourtant...

    Donc tu nous donne une chanson bien léchée, qui porte une interrogation, un avertissement, ou seulement un scénario parmi tous les possibles...

    Au final, tu laisses la fin à inventer, car si on croit qu'il ne reste rien, il reste quelque chose, essentiel, il me semble qu'on l'appelle "la vie".

    Tout simplement ?

    P.S. Au fait, tu te souviens de la vieille dame qui, pressentant qu'elle allait mourir avant le passage à l'an 2000, disait : "vous allez vivre la fin du monde, je ne vous envie pas !"

    Bon, moi, si je regarde, j'ai vécu trois "fins du monde" ; alors, à force, je finis par m'habituer, et par trouver que "avant la fin du monde" ressemble étrangement à "après la fin du monde" !!!

    Bises

      • Lundi 25 Septembre à 22:59

        Cette vieille dame avait-elle, à la fin de sa vie, acquis un don de divination? C'est ce que ces chansons laissent croire...

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