Le saviez vous ? Dans le texte original, Grimm conclut « Blanche Neige » de façon assez croquignole :
« Lorsqu'elle [la marâte] fit son entrée [au bal], elle reconnut immédiatement Blanche-Neige, et la peur qu'elle en eut la cloua sur place, sa terreur l'empêcha de bouger. Mais on lui avait préparé des souliers de fer qui étaient sur le feu, à rougir: on les lui apporta avec des tenailles et on les mit devant elle, l'obligeant à s'en chausser et à danser dans ces escarpins de fer rouge jusqu'à sa mort, qui suivit bientôt. »
On savait bien se marrer, dans c’temps là…
1
Y’avait une fois une reine l’hiver, elle s’faisait chier,
Elle cousait à sa f’nêtre, et elle s’piquait les doigts,
Les taches rouges sur la neige, et le bois noir
Lui fit penser à pondre une chiare tricolore.
Tignasse noire et peau blanche, comme ceux de son cocher,
Bouche rouge comme celle de son garde du corps,
Elle pondit une pisseuse, et en a calanché.
On l’app’la « La Poudreuse », à cause de la neige
Et parce que sa daronne en sniffa en pondant.
Ça tuait à l’époque faire les deux en même temps.
Un an après, le dabe se remet à la colle
Avec une pétasse qu’était complètement folle
Prétentieuse et jalmince comme une vraie parano
Et pouvant pas blairer La Poudreuse en photo.
2
Elle avait un miroir avec chat j’ai pété,
A qui elle demandait qui est la mieux lobée
Comme la glace à IA était une balance,
Un jour elle dit : « La Poudreuse a un tour d’avance »
Du coup la belle doche devient verte de jalousie*,
Et comme elle est vénère, elle pense plus qu’à l’occire,
Elle se paie un flingueur pour la faire dégommer.
Elle lui bonnit d’emmener La Poudreuse dans les bois,
De lui arracher d’emblée les poumons et l’foie,
Et de lui ram’ner dans un bocal « Le Parfait ».
Mais l’flingueur se dégonfle et elle se fait la paire,
Elle entre par effraction dans une petite chaumière
Et comme elle a la dalle, elle chourave le pain
Et l’pinard sur la petite table des sept nains.
3
Quand elle est bien murgée, elle s’affale sur un lit.
Quand les nains voient la zone qu’à foutu La Poudreuse
Ils lui pardonnent pas’qu’elle est canon, la pisseuse.
Quand la môme se réveille, elle a plutôt l’traczir
Matant les sept nabots, mais ils sont plutôt cool
Puis ils lui filent un deal : « t’as qu’à faire toute la cuite »
Elle accepte, y faut dire qu’elle était encore saoule.
Bon, elle mate la télé en faisant le ménage
Sur écran noir et blanc, c’était au moyen âge.
La marâtre interroge son miroir à mirages
Qui se fout de sa tronche et qui la met en boîte,
Alors elle pique une pomme avec du glyphosate
Et la gourde la bouffe parce qu’elle est vraiment tarte.
C’coup ci elle a son compte, bonne à mettre dans une boîte.
4
Là dessus un prince vient crécher chez les p’tits frères
Qui faisaient gîte rural, et il voit la mousmé
Il en tombe raide dingue, et il veut leur chourer
Comme un gros nécrophile, pour en faire un sous-verre.
Ce crétin, il se gaufre en portant son fardeau
Ça fait comme un Heimlich à la meuf empommée
Qui dégueule le bout d’pomme et s’réveille illico.
D’entrée d’jeu le beau prince lui bonnit qu’elle lui botte,
Pour pas passer pour une brêle elle dit un truc hot,
Ils se caltent et s’marient, dans une super teuf,
La belle doche furibarde reconnaît la Poudreuse
Mais elle reste scotchée comme une pauv’ péteuse
On lui met des godasses en fer rougies au feu
Et on la fait danser, ça s’faisait à l’époque.
(Morale : on savait bien s’marrer, dans c’temps là.)