Le saviez vous ? Dans le texte original de Charles Perrault (1697), Cendrillon s’appelle en réalité « Culcendron »…
Le reste de ma réécriture est d’une forme plus… populaire.
Mais la morale de Perrault à propos de ce qu’on appelle « le piston » reste très actuelle :
« C’est sans doute un grand avantage, D’avoir de l’esprit, du courage, De la naissance, du bon sens, Et d’autres semblables talents, Qu’on reçoit du Ciel en partage ; Mais vous aurez beau les avoir, Pour votre avancement ce seront choses vaines, Si vous n’avez, pour les faire valoir, Ou des parrains ou des marraines. » (C.Perrault, 1697).
1
Y’avait une fois une gonzesse,
Son dabe avait largué sa
Daronne pour s’faire sa maîtresse
Et s’coltiner ses deux filles,
Et parce qu’ elle kiffait ça,
S’asseoir dans les escarbilles,
Elles l’appelèrent Culcendron.
Comme sa belle doche pouvait pas
La blairer, elle l’obligea
A faire les corvées d’ cuisine,
Et même repasser les jeans
De ses deux quasi-frangines.
Et elle la f’sait roupiller
Sur une paillasse défoncée.
2
Un fils à papa local
Qui était plutôt pas mal
Organisa une fiesta
Pour se pécho une nana.
Les deux frangines excitées
Ne se sentent plus pisser,
Et commencent à se saper.
Culcendron, l’avait saumâtre
Des vacheries de sa marâtre.
Elle alla cafter à sa
Marraine qui changea ses hardes
En Chanel, et ses galoches
En pompes en verre, très moches
Pour qu’elle soit stylée bien hard.
3
Elle part, se sentant pas d’ joie,
Direct à la teuf princière.
Les deux teignes la calculent pas :
Elle a pas d’ cendre au derrière.
Elle pécho l’ fils à papa
Qui lui file des agrumes
Qui coûtaient une fortune.
A force de faire l’hystérique,
Elle en oublie l’carillon.
A minuit, elle panique
En paumant un bottillon.
Lui, le chope en s’demandant
Si cette meuf c’est une chinoise
Pour avoir les pieds si nazes.
4
Elle rentre en loucedé, en hardes
Et le cul dans sa citrouille,
Les deux sœurs rappliquent, bavardent
Que le beau prince a la trouille
De pas r’trouver la vicelarde
Qui l’a pris pour un crétin
En paumant un escarpin.
Y dit que si une gonzesse
Avait des minis z’arpions
Il en ferait sa princesse.
Quand c’est l’tour à Culcendron,
Çà passe crème, et c’est fastoche
Pisqu’ qu’elle a l’aut’ dans sa poche.
Les deux teignes, elles sont marron.
5
Du coup, le prince la marie
Sans lui demander son avis,
Comme ça s’fait plus aujourd’hui.
Pour se venger des pétasses,
Elle les marie à des crasses
De gentilshommes crétins
Cocufiés dès le lendemain.
Morale : vaut mieux des p’tites pinces
Quand on veut pécho un prince
Qu’être la fille d’une bombasse.