Les mains dans la terre, j’ai eu l’idée
qu’il en était de même pour les plantes,
les pensées et les personnes :
nous semons, nous élevons,
puis nous mourons et devenons à notre tour engrais,
et un peu de notre pensée reste en nos descendants
ou nos œuvres.
Vibraphone, piano, violoncelles, basse fretless et batterie
pour une musique hybride classico/jazz.
"Semailles", paroles et musique B.Leroux, juillet 2020.
1
Quand il a semé des graines
Le blé s’est mis à pousser,
Et il en était de même
Pour les fleurs et les pensées.
Les espaces sont immenses,
Déserts, mers et océans,
Mais encore plus intenses
Sont les semailles du temps.
Le temps qu’il faut pour naître et vivre,
Ce qu’il faut pour écrire un livre,
Le temps qui fuit comme du sable
Entre les mains, non négociable.
2
Quand il a semé sa graine
L’enfant s’est mis à pousser,
Et il en était de même
D’enfanter qu’ensemencer.
L’amour est fort et fertile
Et les femmes sont si belles,
Mais elles sont si sensibles
Et fières sous leur ombrelle.
L’amour qu’il faut pour faire un être,
Ce qu’il faut pour l’aider à naître,
L’amour, l’eau qui le fait grandir
Pour qu’un jour il puisse s’enfuir.
3
Quand son corps fut dans la terre,
Quand fut dispersée son âme,
S’éteignit sa courte flamme
Au souffle froid de l’hiver.
Il fut lui-même semence
Dans la terre et les esprits,
Devenu en sa dormance
Le terreau de ce qui vit.
Le peu qu’il reste d’une vie,
Tant de désirs inassouvis,
Le peu qu’il reste de souvenirs
Et qui suffit pour l’avenir.