1
Chacun sa névrose,
Moi, j’aime les roses,
Chacun son destin,
Moi j’aime bien,
Les jours de relâche
Il n’y a qu’une tâche
Qui me convient : ta-
Iller les rosiers.
2
Être sur ses gardes
Ou gare à l’écharde,
Savoir où couper,
Ou c’est raté,
Le bouton de rose si
L’on veut qu’il éclose,
Il faut savoir tail-
Ler les rosiers.
3
Preuve d’amour tendre,
Qui saurait prétendre
Mieux que ces fleurs là
Ressembler à
La vie qui nous blesse,
Ou bien nous caresse,
A sa volonté,
Comme les rosiers.
4
Car les roses où naissent
Les filles, les laissent
A jamais marquées
Par les rosiers,
Si ta main s’égare,
Prends des gants, et gare,
Le jardinier prend
Garde aux rosiers.
5
Car l’amour annonce
Un bouquet de ronces
Ou de fleurs fanées
A qui ne sait
En faire des délices,
Des feux d’artifice,
Ou de grands bouquets
Comme les rosiers.
6
La vie n’est pas tendre
A qui ne sait la prendre,
Mais fleurit sans cesse
Qui la caresse,
Le temps nous ravage,
Fait de nous des sages,
Ou des vieux courbés
Comme des ronciers,
Et les fleurs qui poussent
Sur les tombes rousses
Sont souvent brisées
Comme les rosiers.
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