Pour qu’une articulation fonctionne, il faut du jeu.
Pour qu’il y ait étincelle, il faut un espace entre les électrodes.
Pour se parler, il faut que nous ne pensions pas la même chose au même moment.
Pour que la pensée soit, il faut des fentes synaptiques.
Pour que nous nous aimions, il faut qu’il y ait une distance minimale entre nous.
Sur une mesure à 5/4, avec guitares électriques, steel guitar, basse, batterie, bruitages et synthés.
ESPACE.
1
Juste ce qu’il faudrait
D’articulation
Pour que la roue aie
La bonne direction.
Le malentendu
Qui crée le langage,
L’autre point de vue,
L’autre paysage,
Cet infime espace
Entre nos deux corps
Où rompit la glace
Dedans et dehors,
Juste l’ étincelle
De deux électrodes,
Une étoile de celles
Qui servent de code.
Cette nanoseconde,
Bout d’éternité,
Où une sorte d’onde
Nous a traversés,
L’espace d’un soir,
L’espace de l’espoir,
L’espace entre nous
L ’espace d’un tout.
2
Juste ce qu’il faudrait
D’espace mécanique
pour que la vie ait
La bonne dynamique,
L’incompréhension
Qui crée le dialogue,
Pensée analogue :
Pas de discussion.
Cette couche d’air
Qui reste toujours
Entre nos deux aires
Et où naît l’amour,
Un arc électrique
Entre deux épaules,
Échange tellurique
Hors de tout contrôle,
Ce bout d’espace-temps
Bref et infini,
Sombre et éclatant
D’où tout est parti,
L’espace de l’humour,
L’espace d’un lien,
L’espace pour l’amour,
L’espace pour demain.