Qu’est-ce que le travail ? Pour beaucoup, une aliénation qui peut aller jusqu’à la mort. Pour quelques uns, l’occasion de se réaliser en améliorant le monde.
Et pour la plupart, un peu des deux…
Rythmique machinesque pour ce titre, avec guitares électriques en arpèges et en solo. Synthés : piano Yamaha, basse, nappes.
Échantillonnages : mon frigo, mon marteau, percussions diverses.
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Terre, verre, bois acier charbon et brique rouge,
Jets de vapeur, fumée, feu de gaz ou de fuel,
Trains, ferrailles, containers, cambouis et carburant,
Trime, livre bataille, la matière se défend.
Vas-y bosse, va au taf, besogne, peine et turbine,
Alimente la machine et descends dans la mine,
Cogne, lime et martèle, scie et casse des blocs,
Charrie, roule et déboule le fret dans les docks.
Par milliers, par millions, costard pauvres mais rares,
Fleuves humains engouffrés dans les boyaux des gares,
Bureaux bleus, écrans plats, guichets automatiques,
Serfs gris inféodés aux fleuves automatiques,
Bleu, blouse, gants, casques, chasubles, tenues et uniformes,
Tabliers, toques, tuniques, coiffes, et T shirts informes,
Piétinements de chaussures mille fois répétés,
La douleur des mêmes gestes recommencés.
Cervelet, moelle épinière, nerfs, flux saltatoire,
Marche avant, marche arrière, cariste dérisoire,
Volonté en stand-by, pensée annihilée,
PC ordinataire, terminal connecté.
La vie saigne, l’hémorragie sous nos yeux s’épanche,
Déjà le temps s’en va, déjà le corps se penche,
Subordination, temps perdu sous les néons,
Mort bien avant de savoir pourquoi nous vivons.
Bête à labeur, un jour connaîtra-tu la grâce
D’un souffle d’oxygène, d’un rayon clair qui passe,
Se sentir homme ou femme, ou quelqu’un qui fabrique
Quelque chose qui éclaire le monde, qui l’habite.
Ou bien, comme la plupart finiras-tu exsangue,
N’ayant pas réussi à sortir de la gangue,
Tabac, alcool télé et antidépresseurs,
Dans les immensités pavillonnaires d’horreur.
Terre, verre, bois acier charbon et brique rouge...
