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Travail.

Publié le 5 Avril 2023 par bernardleroux

Travail.

Qu’est-ce que le travail ? Pour beaucoup, une aliénation qui peut aller jusqu’à la mort. Pour quelques uns, l’occasion de se réaliser en améliorant le monde.

 

Et pour la plupart, un peu des deux…

 

Rythmique machinesque pour ce titre, avec guitares électriques en arpèges et en solo. Synthés : piano Yamaha, basse, nappes.
Échantillonnages : mon frigo, mon marteau, percussions diverses.

 

Ecouter « 4 TRAVAIL.mp3 »  (clic droit puis "ouvrir le lien dans un nouvel onglet)

Terre, verre, bois acier charbon et brique rouge,

Jets de vapeur, fumée, feu de gaz ou de fuel,

Trains, ferrailles, containers, cambouis et carburant,

Trime, livre bataille, la matière se défend.

 

Vas-y bosse, va au taf, besogne, peine et turbine,

Alimente la machine et descends dans la mine,

Cogne, lime et martèle, scie et casse des blocs,

Charrie, roule et déboule le fret dans les docks.

 

Par milliers, par millions, costard pauvres mais rares,

Fleuves humains engouffrés dans les boyaux des gares,

Bureaux bleus, écrans plats, guichets automatiques,

Serfs gris inféodés aux fleuves automatiques,

 

Bleu, blouse, gants, casques, chasubles, tenues et uniformes,

Tabliers, toques, tuniques, coiffes, et T shirts informes,

Piétinements de chaussures mille fois répétés,

La douleur des mêmes gestes recommencés.

 

Cervelet, moelle épinière, nerfs, flux saltatoire,

Marche avant, marche arrière, cariste dérisoire,

Volonté en stand-by, pensée annihilée,

PC ordinataire, terminal connecté.

 

La vie saigne, l’hémorragie sous nos yeux s’épanche,

Déjà le temps s’en va, déjà le corps se penche,

Subordination, temps perdu sous les néons,

Mort bien avant de savoir pourquoi nous vivons.

 

Bête à labeur, un jour connaîtra-tu la grâce

D’un souffle d’oxygène, d’un rayon clair qui passe,

Se sentir homme ou femme, ou quelqu’un qui fabrique

Quelque chose qui éclaire le monde, qui l’habite.

 

Ou bien, comme la plupart finiras-tu exsangue,

N’ayant pas réussi à sortir de la gangue,

Tabac, alcool télé et antidépresseurs,

Dans les immensités pavillonnaires d’horreur.

 

Terre, verre, bois acier charbon et brique rouge...

 

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J
Cadence musicale et verbale pour cadences infernales... on ressent l'aspect inexorable mais aussi la retenue devant cette "nécessité"...  Après, il y a un problème de mesure... 64, 62... pourquoi pas 49 ans et 3 mois ? Oui, je sais , faut pas rêver... parce qu'aujourd'hui, même rêver est devenu complotiste...
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B
 Scansion kaléidoscopique,  scansion kaléidoscopique,  scansion kaléidoscopique, pique, pique, pique...
Répondre
A
La scansion du texte rythme le tempo, comme si les mots kaléidoscopiques fragmentaient les phrases...<br /> Presque plus de souffle...<br /> La musique qui encadre l'implacable, l'inhumain...<br /> Resterons-nous sur notre faim ?<br /> à la fin que reste-t-il ?<br /> Une envolée planante, une rêverie du travailleur...<br /> Grimpé sur les notes suraiguës, comme une sorcière sur son balai, il s'évade en solo dans les harmoniques célestes.
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