La prostituée qui attend dans la rue ne nous laisse pas indifférent.
Qui est elle ? Pourquoi fait elle cela ? Et puisque tout s’achète, est-elle l’« employée » d’une « entreprise » ?
Sur une musique aux couleurs sud-américaines, avec ukulélé, banjo, guitares, basse et derboukas.
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1
Toute gainée de noir,
Debout sur le trottoir,
Tu attends le client
Sous mon appartement.
J’te dirais bien d’monter,
Mais ce serait surfait ,
Juste te réchauffer,
Juste pour prendre un thé.
Comment pourrais-tu croire
Qu’un homme te veux du bien
En ne te demandant rien,
Sans chercher à t’avoir.
Alors, comme tout le monde
J’essaie de n’pas penser
A ce bout de quart-monde
A cette femme offensée.
2
Ceux qu’ tu racoles ici
Te prennent pour du bétail,
Ils disent que t’a choisi
Qu’le sexe est un travail,
C’est comme une entreprise
Qui te donne une mission,
Et tu s’rais pas surprise
Qu’on note ta prestation.
Et puisque tout se monnaie
Les maquereaux sont patrons,
Toi tu es l’employée,
L’esclave, le tâcheron.
Hubériser la passe,
Vendre un service à l’heure
C’est bien la même impasse,
Aubaine des affameurs.
3
Parce que tu étais maigre,
Droguée ou immigrée,
Les caïds de la pègre
T’ont soumise à leur gré,
Tu étais sans argent
Isolée, et sans foyer
Ils t’ont inventé un plan
De carrière tout tracé,
Tu as perdu ton âme
L’estime, la dignité
Et maintenant, les autres femmes
Passent sans te regarder.
Mais dans les quartiers sages
Et chez les puritains
C’est par le mariage
Qu’on fabrique des putains.
