Le Mont adresse ses prières, pointé vers le ciel.
Mais puis-je croire que cela empêchera les flots de quitter la baie lors du jusant ? Puis-je croire que ma destinée s’arrêtera à la fin du reflux du temps ?
Sur une musique composée en 2019, remixée avec : violoncelle, guitare électrique;
synthés : cordes, basson, hautbois, voix.
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La mer se retire
Autour des grèves grises,
Les goélands ivres
Dérivent dans la brise ;
Tel un phare éclairant la rive nord
Le Mont se dresse comme un château fort.
Ancré sur le sable
Le rocher est instable,
Lever vers le ciel
Des prières mortelles
Ne fera pas de nous des cormorans
Libre d’aller au dessus des courants.
Au loin se déchirent
Les nuées en délire
Que le jusant pare
D’une lumière rare.
Faudrait-il que je hisse la grand voile
Pour qu’au grand mât se déploient les étoiles ?
L’océan s’en va
Et moi je reste là,
La baie est immense,
Les vagues en transhumance,
Le flux éloigne le flot miroitant,
Et ma traversée à moi, c’est le temps.
