Les animaux, de l’insecte au mammifère, n’ont pas besoin de science, ni même de conscience pour vivre.
Seul l’humain a créé le langage, et pu décrire le monde pour agir sur lui.
Mais le monde, jusqu’aux planètes dans le plan de l’écliptique, continue sa ronde en toute ignorance. C’est du moins ce que pense un athée tel que moi.
Sur une musique de guitares classiques. (Merci Alain pour les micros!)
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1
L’araignée n’est pas ingénieur pour tisser sa toile,
L’écureuil ne sait pas l’hiver et le grand nord,
Le migrateur n’a pas de boussole, ni de voile,
Le lombric ne suit pas le tunnel qu’il dévore.
La fourmilière n’a pas de destin ni d’ envies,
Mais elle milite pour multiplier la vie.
Science et conscience n’existent pas dans la nature,
Elles sont l’instance d’une espèce, une écriture.
2
Et toi qui crois vital de vivre ta vie, vite,
Évites - tu l’écueil, cueilles-tu, écureuil,
Les fruits à remiser pour le temps de l’arthrite,
Vis-tu sur les feuillets d’un épais portefeuille ?
Moi je sens comme tout être l’étirable infini
Qui, à sa finitude exquise, a établi
Les règles de l’éternel mètre étalon inscrit
Dans l’espace et le temps, finalement manuscrit.
3
Écrire l’écrivable, c’est crier l’insolvable,
Créer les mots pour dire, dessiller l’impensable,
Panser les maux des crises ou virer vers l’instable,
Tabler sur les humeurs, murer l’inhabitable.
Ainsi va l’humaine main qui trace demain
Dans les réseaux neuronaux, les fibres optiques
Qui cheminent en eux, jamais dans l’écliptique
Qui suit, résolument, son ovale chemin.
