l y a du monde dans notre tête, toute sorte de gens qui commentent nos gestes et pensées : « et qu’aurait dit untel ? Et tel autre? » De tel ami au Général De Gaulle, de Napoléon à telle voisine, et jusqu’à Dieu en personne, nous portons en nous des discours qui nous ont construisent en tant qu’animaux parlants. De temps en temps, nous aimerions qu’ils nous laissent nous reposer… Arrangé avec de vrai instrument, sans le concours d’une I.A.
1
Y’a pas mal de gens dans ma tête,
Certains futés et d’autres bêtes,
Certains que j’aime et d’autres non,
Est ce bien normal, oui ou non ?
Y’a une foule dans ma boîte crânienne,
Des tas de gens qui vont et viennent,
Depuis le jour où je naquis,
C’est toute une faune, un vrai maquis.
Tous ces gens là se bousculent,
Encombrants ou minuscules,
Pour m’aimer ou me haïr,
M’aider ou bien me trahir.
Anecdotiques, essentiels,
Profonds ou superficiels,
Iconiques ou simples images,
Permanents ou de passage.
2
Y’a toute une faune dans mes neurones,
Toute une foule de personnes
Qui vont et viennent jour après jour,
Porteuses de haine ou d’amour
Certaines ont une place centrale,
Comme des tribuns sur une estrade,
D’autres ne viennent pas souvent,
Pas plus d’une ou deux fois par ans,
Ils ont construit mon langage,
Ont apporté leur bagage,
Ont fait d’moi un animal
Qui, tout en chantant, vous parle,
Pertinents, indispensables,
Ou bien monstres redoutables,
Figurants ou premiers rôles,
Chansons, musique et paroles.
3
Il y a du monde sous ma tignasse,
Des gens vulgaires et d’autres classe,
Certains sont doctes et très sérieux,
D’autres bavards ou silencieux,
Y’en a qui sont peu fréquentables,
Hitler, Staline, le timonier Mao,
Et d’autres illustres, indispensables,
D’Émile Zola, au père Hugo.
Qu’ils soit humbles comme ma concierge
Ou sacrés comme la sainte vierge,
Leur présence m’ influence,
Obtusion ou clairvoyance,
Mais s’ils faisaient abstinence
De temps en temps, en silence,
Ça me ferait des vacances
De n’plus penser, quand j’y pense.