• Chanson démodée.Cette chanson est une expérience, à deux titres : musicalement, tous les sons sont des bruits enregistrés chez moi, et le texte est écrit à partir de mots et expressions des années 60.

    Pour faire de la musique avec des bruits, j’ai utilisé un échantillonneur, c’est une machine qui peut renvoyer n’importe quel son enregistré vers un clavier, ce qui permet de jouer par exemple de la grille de frigo ou du bol à café. J’ai utilisé une boule d’escalier, un chaudron en cuivre, un bol, des verres, un frigo, une corbeille à papier métallique, des radiateurs, une ardoise d’écolier (la grosse caisse), et mon propre souffle…

    Ca donne de la « musique moderne », comme on disait dans les années 60…

     

      "Chanson démodée", paroles et musique Bernard Leroux, janvier 2017.

    1

    Je me suis levé, et zou !

    Après un passage aux waters,

    J’ai été me débarbouiller

    Puis j’ai mis mon maillot de corps,

    Une chemisette, une culotte en Tergal

    Un chandail et un veston.  

     

    Je suis passé à la cuisine

    Dans le buffet en formica,

    Entre le litre de vin de table

    Et la bière de ménage Valstar

    Achetés aux comptoirs modernes

    J’ai trouvé un pain de deux livres.

     

    2

    J’ai pris mon auto, une Dauphine,

    C’est mieux que d’ prendre le trolley,

    J’ai gratté un vélo qui lambinait

    (En moins de deux, sapristi !)

    Et comme c’était potron-minet,

    Je me suis mis en code.

     

    J’allai chez ma fiancée,

    Avec qui je vais convoler,

    On fera une surboum

    Avec des quarante cinq tours

    Mis sur le pick-up Teppaz,

    Et un gueuleton épatant !

     

    (Mais on fera pas trop d’potin).

     

    3

    Ma belle-mère me fiche la frousse :

     « Pas de flirt avant la nuit de noces ».

    Mais je ne suis ni un inverti,

    Ni un blouson-noir, ni une petite frappe,

    Je ne cherche qu’une ménagère

    Pour tenir mon intérieur.

     

    Ce qui ne m’empêchera pas,

    Histoire de feinter un peu,

    De me jeter de temps en temps

    Un glass dans le coco au café

    Avec un poteau un peu zazou,

    Histoire de faire la nouba.

     

    (Eh, doucement les basses !)

     

    4

    Mais, c’est sûr, après la noce,

    Je me rangerai des voitures.

    Je mettrai mon complet en Tergal,

    Et elle sa gaine, sa combinaison,

    Son plus beau paletot,

    Une mise en plis sur sa permanente,

     

    On ira écouter sur du jase,

    Ou alors de la grande musique

    Et elle mettra son renard,

    Et puis moi ma chevalière,

    Ma gabardine ou mon pardessus,

    On sera chic, on aura du chien.

     

    (C’est une chic fille, elle est pas rosse).

     

    5

    Grâce à la méthode Ogino

    On aura beaucoup d’ marmots,

    Ca coûte, les barboteuses,

    Les socquettes, les chemisettes,

    Les sandalettes, les tricots de peau,

    Les cache-col et les souliers,

     

    Et, pour l’école les sarreaux,

    Les plumes Sergent-major,

    Les crayons de bois, les culottes courtes,

    Les cahiers du jour et de brouillon

    Surtout si on veut, ma chère,

    D’ la qualité d’avant-guerre.

     

    (Et puis ils passeront leur bachot.)

     

    6

    A la Noël, il faut faire des emplettes,

    Des joujoux en matière-plastique,

    Un nouveau transistor à piles,

    Un pick-up, des microsillons

    Un Kodak pour moi, un mixère

    Ou pour madame, un Frigidaire

     

    Une bécane à vitesses pour le grand

    Avec un boyau de rechange,

    Et pour la petite des scoubidous,

    Un bébé en celluloïd,

    Tout cela ne se trouve pas

    Dans un baril de Bonux.

     

    (C’est plus cher avec les nouveaux francs.)

     

    7

    On partira en congés payés,

    Avec une motocyclette,

    Puis une auto ou en chemin de fer,

    Avec une loco à vapeur

    Pour aller en villégiature

    Ils en font la réclame dans le poste.

     

    Mais il ne faut aller dans l’eau

    Que deux heures après manger

    Sous peine d’hydrocution,

    Et se méfier de l’eau du robinet

    C’est à cause de la polio :

    On a vite fait d’attraper (t’as pigé ?) des microbes.

     

    (Bon sang, c’est ça qui s’rait ballot.)


    6 commentaires
  • Rue de la folie.Je sais un peu ce qui se passe rue De La Folie, d’une part parce que j’y ai habité (enfin, la rue à côté), et ensuite parce que j’ai travaillé pendant 35 ans dans un hôpital psychiatrique. Cette chanson est une rapide énumération des principales maladies mentales : dépressions, addictions, psychoses. Tout ça n’est pas gai, gai, aussi ai-je adouci le propos avec une musique rythmique : guitare folk, basses, hudu, guitares électriques "bottleneck" et voix. Une folie…

     

     

     "Rue de la Folie", B.Leroux, dec 2016.

    1

    Rue d’la folie,

    Y’a des amours qui passent,

    Rue D’la folie,

    Y’a des désirs qui lassent,

    Rue D’la folie,

    De jeunes fous qui s’embrassent,

    Rue D’la folie,

    Des conflits face à face,

    Rue D’la folie,

    Des projets qui s’effacent

     

    Folie, folie d’y croire,

    Folie, pas d’au revoir.

     

    2

    Rue D’la folie,

    Y’a d’la déprime à vendre,

    Rue D’la folie,

    Les larmes se répandent,

    Rue D’la folie,

    Des mots au goût de cendre,

    Rue D’la folie,

    Jusqu’où peut-on descendre,

    Rue D’la folie,

    Juste avant de se pendre.

     

    Folie, mélancolie,

    A boire jusqu’à la lie.

     

    3

    Rue D’la folie,

    Y’a des hommes qui picolent,

    Rue D’la folie,

    Ca baigne dans l’alcool,

    Rue D’la folie,

    Dans la rue, c’est pas dôle,

    Rue D’la folie,

    On fait moins les marioles,

    Rue D’la folie,

    Quand on y dégringole.

     

    Folie, folie à boire,

    Folie, de l’assommoir.

     

    4

    Rue D’la folie,

    Y’a des délires qui chantent,

    Rue D’la folie,

    Des pensées flamboyantes,

    Rue D’la folie,

    Il y a des vies bruyantes,

    Rue D’la folie,

    Des crises foudroyantes,

    Rue D’la folie,

    Des images effrayantes,

     

    Folie, visions bizarres,

    Folie, fond du placard.

     

    5

    Rue D’la folie,

    Y’a des types, des baltringues,

    Rue D’la folie,

    Qui s’envoient dans les limbes,

    Rue D’la folie,

    A grand coups de seringue,

    Rue D’la folie,

    Tu deales, ou tu d’viens dingue,

    Rue D’la folie,

    C’est l’ Subu ou le flingue,

     

    Folie, du fumoir,

    Folie, y’a plus d’espoir.


    1 commentaire
  • "Beauty is in the eye of the beholder" (La beauté est dans les yeux de celui qui regarde.) a dit Oscar Wilde. Je trouve les autoroutes très laids le jour mais somptueux la nuit, surtout à l’abord des grandes villes quand elles sont éclairées. Cette chanson ne dit rien d’autre, elle est surtout instrumentale. Basse, batterie, guitares et orgue sont de la partie, mais aussi un travail sur des « saxophones » qui, eux, sont parfaitement synthétiques… 

    "Une autoroute la nuit", Bernard Leroux dec. 2016.

     

    Que c’est beau une autoroute la nuit

    Et les lumières sur la route qui luit,

    Que c’est beau une autoroute la nuit,

    Il y a déjà longtemps que je conduis,

    Que c’est beau une autoroute la nuit,

    Je me sens seul personne ne me suit,

    Je ne sais même pas quand je suis parti,

    Si je m’approche ou m’éloigne de Paris.

     

    Que c’est beau une autoroute à l’aurore,

    Quand le soleil n’éclaire pas encore,

    Que c’est beau une autoroute à l’aurore,

    Entre les étoiles et les météores,

    Que c’est beau une autoroute à l’aurore,

    Je sens la fatigue dans tout mon corps,

    Vers quoi je vais je ne sais pas encore,

    Vers quel amer ou vers quel sémaphore ?


    4 commentaires
  •  Hit the road, Nick.Parmi toutes les mauvaises nouvelles qui nous tombent dessus, il y en a une bonne: celle de l'éviction de sarko à la présidentielle.happy Pour fêter ça, je réédite une chanson écrite en 2010, pendant son mandat...

    C'est une reprise du célèbre "Hit the road, Jack" de Ray Charles.

       "Hit the road, Nick", musique: Ray Charles, paroles B.Leroux, 2010.

    Hit the road Nick,

    And don't you come back no more,

    No more, no more, no more

    Casse toi pauv’con

    Et ne reviens plus jamais. (bis)

     

    Oh Nick, oh Nick tu as été élu

    Pour remettre de l’ordre,

    Et c’est ce qu’ils ont cru,

    Tout l’monde peut se tromper,

    Maint’nant y'en a assez.

     

    Oh Nick, oh Nick tu es là pour le fric,

    Et quand on se révolte tu envoies tes flics,

    Mais maint’nant c’est fini,

    Tout le monde a compris.

     

    Hit the road Nick... 

     

    Oh Nick, oh Nick,

    Les deux mains dans la caisse,

    Tu achètes les médias,

    Maint’nant y faut qu’ça cesse,

    Tout le monde en a marre,

    C'est cinq ans de cauchemar.

     

    Oh Nick, oh Nick

    y’en a marre de ta haine,

    De ceux qui nous balancent

    Toujours les mêmes rengaines :

    " C’est la faute aux nomades",

    Toujours les mêmes salades.

     

    Hit the road Nick... 

     

    Oh Nick, oh Nick l’insécurité c’est toi,

    Qui prive les gens de taf,

    Qui prive les gens de voix,

    Les pauvres ont qu’à payer,

    Les autres ont l’bouclier.

     

    Hé, p’tit bonhomme tu as été élu,

    Tout le monde a compris,

    Maint’nant tu as perdu,

    Tout l’monde peut se tromper,

    Maint’nant y'en a assez.

     

    Hit the road Nick... 

     

    Nettoyer les cités,

    L'karcher y'en a assez,

    Contrôles d'identité,

    Tout ça y'en a assez,

    Assez de travailler

    En étant mal payés,

    Et assez d'expulser,

    Tout ça y'en a assez,

    La peur des étrangers,

    Tout ça y'en a assez.

     


    votre commentaire
  • C'est mon lot.Peut être vous est-il arrivé, en voyant la pile de cartons lors d’un déménagement, de vous sentir encombré, étouffé par les objets que nous entassons autour de nous au cours d’une vie. C’est ce qui m’a inspiré cette chanson à tendance Jazz, avec batterie, basse, banjo, piano, piano Rhodes, orgue Hammond, guitares et chœurs…

     

     

     

     

     "C'est mon lot", paroles et musique Bernard Leroux, nov 2016.

    1

    Un matin je me suis levé,

    Avec la tête dans le vécu,

    Ma dernière nuit avait sonné,

    La vie était un malentendu,

     

    Une mule m’a échappé

    Mais la carpette a aspiré mon pied,

    Et bien sûr je me suis étalé

    En entraînant la lampe de chevet,

     

    J’en ai marre de tous ces objets

    Qui m’encombrent, qui me font marcher,

    Ils me font tourner en bourrique

    Avec leurs tendances hystériques.

     

    2

    L’ordinateur avec lequel j’écris

    Ne fait rien de ce que je lui dis,

    Il bloque les touches sur « majuscule »

    Pour me couvrir de ridicule,

     

    Quand je clique sur un dossier

    Il s’assoit dessus, tout simplement,

    C’est comme s’il rigolait

    De toutes ses touches méchamment,

     

    J’en ai marre de l’informatique

    Qui me fait tourner en bourrique,

    Qui bogue, qui plante et qui freeze,

    Et qui ne fait que des bêtises.

     

    3

    Sans parler des poignées de porte

    Qui m’agrippent les habits,

    Du frigo qui ronfle la nuit

    Et de la chasse d’eau qui clapote,

     

    Le crayon qui tombe, mine de rien,

    La gomme qui n’efface pas bien,

    Les valises qui se font la malle

    Et les prises femelles qui font mal,

     

    J’en ai marre de tous ces machins

    Qui encombrent mon quotidien,

    Jusqu’aux choses qui prennent la poussière

    Sournoisement, sur les étagères.

     

    4

    Le téléphone sonne toujours

    Exprès quand je suis occupé,

    Quand j’ai les mains sales ou mouillées,

    Quand je suis au jardin, dans la cour,

     

    La télé s’éteint inopinément

    Juste au moment où le méchant

    Va être appréhendé par l’inspecteur,

    J’peux plus encadrer l’téléviseur,

     

    J’en ai marre de tous ces objets,

    Un jour, je vais m’en débarrasser,

    Mais quand j’donne un carton à Emmaüs

    Il en pousse trois, c’est comme des virus !

     

    solo

     

    J’en ai marre de tous ces machins,

    De ces bidules, ces trucs ces engins,

    De ces gadgets, de ces bibelots,

    Mais faut bien vivre avec, c’est mon lot.


    3 commentaires
  • Retour au jazz pour cette danse, avec pour instrument central le piano. En 1912, un pianiste, accompagné par une contrebasse, une batterie aux balais et une guitare jazz s’éprend d’une jolie danseuse. On me pardonnera l’intervention d’un orgue Hammond, inventé seulement dans les années 30…

     

    "The final dance", paroles et musique Bernard Leroux.

     

     

    1

    Assis sur la banquette,

    Par-dessus le piano,

    Je la vois devant moi

    Au bar du paquebot.

     

    J’aligne les accords

    Puisque c’est mon métier,

    Je vois son joli corps

    Gentiment onduler.

     

    Je me demande comment

    Faire pour lui parler :

    Je dois, pour le moment

    Jouer sans m’arrêter.

     

    Le parquet bouge à peine

    Comme s’il voulait danser,

    Je sens un peu l’ébène

    Et l’ivoire tanguer.

     

    2

    Les franges de sa robe,

    Sa course autour du globe,

    Tout cela me transpor-

    Te loin de tous les ports

     

    Où doucement elle danse

    Avec un vieil amant,

    Et mes deux mains balancent

    Avec le bâtiment.

     

    Si j’arrête les larmes

    De mes touches nacrées,

    Je briserai le charme

    De cette fin de soirée,

     

    Mais si je ne fais rien

    Que jouer sans arrêter,

    Elle s’en ira demain

    Sans même me regarder.

     

    3

    Alors pour faire le beau,

    Capter son attention,

    J’accélère le tempo,

    Je change de partition :

     

    Le slow devient tango

    Imperceptiblement

    Et je vois aussitôt

    S’épuiser son amant.

     

    Découragé, il part

    Boire un whisky au bar

    Cependant qu’elle s’approche

    De mes quadruples croches.

     

    Je lui dis des « je t’aime »

    Avec mes triolets

    Attendant qu’elle m’entraîne

    Dans son sillage ambré.

     

     Instrumental.

     

    4

    Ses longs cils cachent encore

    Son regard flou qui erre

    Sur mes mains qui explorent

    Le clavier pour lui plaire.

     

    Elle traverse la scène

    Et, s’approchant à peine,

    Elle chuchote à demi:

    “Please play again For me”

     

    Et enfin elle m’achève

    D’un regard presque mauve

    Qui me donne la fièvre

    Et le clavier se sauve.

     

    Et l’univers chavire,

    Et notre histoire prend l’eau,

    Pendant que le navire

    Coule avec le piano.


    3 commentaires
  • La vie est comme une marche dont on ne connaît pas le but. C’est cette idée qui m’a inspiré cette musique rythmée avec un arrangement basse/batterie, des guitares folk, un orgue Hammond et divers soli de guitare, sèche et électrique. Et un peu d’harmonica.

     

     

     

    "Marche", paroles et musique: Bernard Leroux.

    1

    Marche depuis longtemps,

    Marche depuis toujours,

    Sans savoir pourquoi ni comment,

    Marche la nuit et le jour.

     

    Marche avec tout le monde,

    Marche avec les humains,

    Marche avec tes amis sans nombre,

    Marchez, main dans la main.

     

    Tes jambes sont si menues,

    Au début, t’as du mal,

    Mais tu grandis, tu t’habitues,

    Et ça devient normal.

     

    Marche vers l’horizon,

    Marche vers le lointain,

    Vers quoi, ça n’est pas la question,

    Marche c’est ton destin.

     

    Heureusement qu’il y’a un hiver,

    Sinon, y’aurait pas d’printemps,

    Le seul fait d’être sur la terre,

    Le seul fait d’être vivant,

    D’avoir un père, une mère,

    C’est déjà un évènement.

     

     Instrumental

     

    2

    Marche avec tout le monde,

    Va vers le bout du monde,

    Si eux s’en vont dans se sens là

    C’est qu’faut aller par là.

     

    Va comme si tu savais,

    Va comme si tu avais

    La réponse à la vieille question :

    C’est par là, oui ou non ?

     

    Maint’nant t’as l’habitude,

    Mais tu es fatigué,

    Maint’nant t’as une sorte d’hébétude

    Qui t’empêche d’avancer.

     

    Et alors que tu crois

    Arriver où tu vas,

    Tu vois de plus en plus de gens

    Qui tombent autour de toi.

     

    Heureus’ment qu’t’arrive au bout,

    Heureus’ment qu’il y a une fin,

    Le seul fait d’être sur la terre

    Et d’avoir été vivant,

    D’avoir eu une vie, grand père,

    C’était déjà un évènement.

    C'était déjà un bon moment.


    5 commentaires
  • Le temps qu'il fait, le temps qui va.Illustration : «Métropolis », Fritz Lang 1927.

     

    Je pense souvent au temps qui passe mais pas tout le temps. La plupart du temps je m’intéresse plutôt au temps qu’il fait. Et de temps en temps, je constate que le temps passe, passe…tant pis, tant qu’à faire, autant en faire une chanson sur le temps. Entendez-vous ces instruments ? :

    Piano, guitares électriques, basse, orgues Hammond, batterie et saxo ténor.

    Et des chœurs, de temps en temps.

     "Le temps qu'il fait, le temps qui passe", paroles et musique Bernard Leroux.

     

    1

    Regarder dans la glace

    Le temps qu’il fait, qui passe,

    C’est c’qu’on fait tout le temps,

    Temps qui passe, temps qu’il fait.

    Temps perdu, temps gagné,            

    Quelle est la différence

    Pour la nuit des temps ?

     

    Y'en a qui ont le temps

    Vivent en intermittents,

    Sont souvent militants,

    Velléitaires patents,

    Artistes impénitents.

    Il faut manger, pourtant.

    Bossent de temps en temps.

     

    Le temps qu’il fait, le temps qui va,

    N’est fait ni pour toi ni pour moi,

    Et les temps qui courent hélas, font

    De toi et moi de vieux barbons.

     

    2

    D’autres sont dans le vent,

    Ont des montres en diamants,

    Pas pour mesurer l’temps

    Mais pour êtres épatants,

    On les voit d’temps en temps

    Au Fouquet’s triomphant,

    Très ventripotents.

     

    D’autres passent leur temps

    A travailler tout l’temps,

    Ils n’ont jamais le temps,

    Et la plupart du temps

    Ils courent en haletant

    Comm' des flots de mutants

    C'est très inquiétant.

     

    Le temps qu’il fait, le temps qui court

    Se moque bien de nos amours,

    Et le temps qui passe en courant

    Fait de nous de vieux ignorants.

     

    3

    D'autres passent leur temps

    A vouloir, tout le temps

    Faire la pluie et l’beau temps,

    C’est bien dans l’air du temps,

    Ils se disent hors du temps

    Et qu’ils ont tout le temps,

    Et meurent pourtant.

     

    D’autres disent « de mon temps

    C’était mieux que maint'nant»,

    Ils râlent tout le temps.

    Ils ont juste le temps

    D’ach’ter un monument

    Et se glissent dedans

    Pour la fin des temps.

     

    Le temps qu’il fait, le temps qui va

    Nous mènent tous au même endroit

    Le temps nous pousse, le temps avance

    Et c’est la fin, quoi qu’on en pense.

     

    Instrumental

     

    Regarder dans la glace

    Temps qu’il fait, temps qui passe,

    C’est c’qu’on fait tout le temps,

    Temps qui passe, temps qu’il fait.

    Temps perdu, temps gagné,

    Quelle est la différence

    A la fin des temps ?

     

    Le temps qu’il fait, le temps qui va

    Nous mène tous au même endroit

    Le temps nous pousse, le temps avance

    Jusqu'à la fin, quoi qu’on en pense.


    2 commentaires
  • Extraterrestres.Qui ne s’est demandé, le nez en l’air, s’il y avait des gens, là haut ? Et s’il y en a, que savent-ils de nous ? Voient-ils la terre comme une belle planète bleue, ou comme une catastrophe humaine ?

    Et ne peut-on transposer cette interrogation aux migrants de la planète ?

    D’où un musique à tendance « world », avec : beaucoup de « siku » (flûte de pan des Andes), guitares espagnoles, pianos, orgue Hammond, basse,

    et pour les percussions : cajòn, hudu, claquement de mains, et quelques sons synthétiques.

     

     "Extraterrestres", paroles et musique: Bernard Leroux.

    1

    Quand nous regardons la nuit le ciel noir

    Nos yeux se perdent le soir,

    Y’a-t-il quelqu’un là bas qui peut nous voir

    Nous en avons tous l’espoir,

    Oh, vous là haut petits hommes verts

    Que voyez-vous de la terre ?

     

    2

    Voyez-vous sur notre planète bleue

    Des oiseaux et des baleines ?

    Voyez-vous des gens tranquilles et heureux

    Ou bien des peuples en peine ?

    Vous, habitants d’un autre monde,

    Qu’entendez-vous de nos ondes ?

     

    3

    Voyez-vous des enfants rire à l’école,

    Ou bien des puits de pétrole ?

    Des poissons bleus dans la mer des sargasses

    Ou du plastique dégueulasse ?

    Oh, vous les êtres extraterrestres

    Entendez notre détresse.

     

      4

    Avez-vous envie de venir ici

    Pour voir comment va la vie,

    Avez-vous peur qu’il vous soit demandé

    Vos papiers d’identité ?

    Oh, vous les étrangers du monde,

    Craignez-vous la bête immonde ?

     

    5

    Avez-vous peur qu’on vous pose la question :

    « Etes-vous croyants, oui ou non ?

    Et aussi quelle est votre confession

    Avez-vous une mission ? »

    Oh, vous nos très lointains voisins,

    Etes-vous Chiites ou chrétiens ?

     

    Instrumental

     

    6

    Tout compte fait, et tout bien réfléchi,

    ‘Vaut mieux pas venir ici

    Car les baleines et les poissons bleus

    N’existeront plus sous peu ;

    Il semble que l’humanité

    Ne soit pas prête à vous aimer.


    2 commentaires
  • Illustration : Picasso, « la femme qui pleure ».

     

    D’aucuns se retrouveront dans cette prière, d’autres pas. Car si, collectivement, les hommes ont à demander pardon aux femmes pour leur condition dans le passé, et un peu aussi aujourd’hui, chacun se dit qu’il n’est responsable que de ses propres agissements.

     

    C’est le thème de cette chanson que j’ai arrangée un peu comme un cantique, avec orgue, basse, batterie, chœurs et arpèges de piano et de cordes. Une sorte de prière des hommes, non à Dieu mais à « Déesse »…

    Bernard leroux: Pardonnez-nous.

    1

    Pour ce que nous avons commis, hier encore,

    Pour avoir été les prédateurs de vos corps,

    Pour vous avoir soumises à notre bon vouloir

    Pour faire de vous nos bonnes et nos reposoirs,

     

    Pour avoir fait une prison du mariage,

    Limitant votre vie au cercle du ménage,

    Pour vous avoir interdit l’entrée aux écoles

    Parce que nous vous voulions ignorantes et frivoles,

     

    Pardonnez-nous.

     

    2

    Pour vous avoir réduites à la maternité

    Comme si vous n’existiez que pour enfanter,

    Pour avoir dit longtemps que vous étiez trop bêtes

    Et qu’il eût mieux valu que vous fussiez muettes,

     

    Pour l’interdit de posséder quoi que ce fût,

    Le droit de voter, de dire non, droit de refus,

    Avoir été écartées de la vie publique,

    Tour à tour trop candides ou trop machiavéliques,

     

    Pardonnez nous.

     

    3

    Pour vous avoir nié le droit d’avoir un sexe,

    Pour vous avoir traitées comme poupées en latex,

    Pour vous avoir interdit d’avoir du plaisir

    Et surtout de choisir l’objet de vos désirs,

     

    Pour vous avoir imposé des maternités

    Pour être sûrs d’entraver votre liberté,

    Pour vous avoir interdit la contraception

    Pour faire plaisir aux prêtres, pour de fausses raisons,

     

    Pardonnez-nous,

     

    4

    Pour ceux qui vous affichent nues dans les journaux,

    Ceux qui vendent votre image, votre âme, votre peau,

    Et pour tous ceux qui vous font descendre au trottoir

    En prétendant que c’est par votre bon vouloir,

     

    Et pour ceux qui vous paient pour avoir leur plaisir,

    Qui vous considèrent comme des jouets, comme des loisirs,

    Qui vous matent, vous suivent, vous touchent dans la rue,

    Vous insultent et vous traitent de putes, de grues,

     

    Pardonnez nous.

     

    5

    Je suis arrivé dans ce monde tel qu’il était

    Et je n’avais rien fait pour qu’il fût imparfait,

    Alors, excusez-moi, mesdames, mes demoiselles,

    Mais je n’y suis pour rien si les hommes sont cruels,

     

    Le seul fait d’être homme ne me fait pas coupable,

    Le pénis que je porte n’est pas la queue du diable,

    Sachez me regarder autre que prédateur,

    Responsable de faits dont je ne suis pas l’auteur,

     

    Pardonnez-moi.

     

     


    2 commentaires