• Le vétéran.

    Le vétéran.«Le vétéran » est un des textes de Sophie Vigneau.

    Comme il est rigolo et s’y prête bien, j’en ai fait une chanson de genre « country », et donc avec un banjo, un piano déjanté, une basse et des harmonicas…Plus quelques guitares électriques, « slide » et « son clair ». J’espère qu’il ne manque rien…

    "le vétéran", paroles Sophie Vigneau, musique Bernard Leroux, avril 2018.

     

    On l'avait amputé
    Jusqu'à auteur du coude
    Lors du dernier été
    De l'offensive, Baroud.
    Ses copains s'étaient tus
    Quand le plus dégourdi
    Dit qu'on l'avait battu
    Euh… à bras raccourcis.


    Sa jambe fut broyée
    Un peu sous le genou
    Dans le mont de Corée
    Lors du dernier mois d'Août.
    Ses copains s'esclaffaient
    En le voyant passer,
    Demandant s'il savait
    Bien sur quel pied danser.


    L'autre mutilation
    Lui fit perdre le nez
    Dans l'enfer de May Yong
    Lors du dernier été.
    Ses copains avaient ri
    Quand le plus malicieux
    Déclara que le riz,
    Ca vous fait le nez creux.

     

    Les Fellahs l'on castré
    D'un bon coup de poignard
    Lors du dernier été,
    Juste avant le départ.
    Ses copains astucieux,
    Qui jouaient au billard,
    Lui dirent :" Prends donc ta queue
    Et joue nous une part".

     

    Instrumental


    Il est mort un matin
    En sortant de chez lui,
    Il n'a pas vu le train
    Fonçant vers le midi.
    Si vous passez par là,
    Dites aux cheminots
    Qui cherchent entre les voies
    Qu'il manquait des morceaux.  

    Texte: Sophie Vigneau.

    « La beauté est dans la rue.L'inclusive eccessive. »

  • Commentaires

    1
    alain
    Jeudi 12 Avril à 23:14

    Complètement country en effet, 

    voilà une chanson que les cheminot-e-s en grève vont pouvoir écouter en boucle !

    Cette chanson est drôle, mais pas rigolote ; dans ce monde cruel, ton orchestration (bien faite) et sautillante, conjugué à ta diction primesautière amènent un contraste saisissant, qui nous laisse hésiter entre la farce et la prise de conscience.

    Peut-être aussi une interrogation : quand on voit le clampin qui se casse la margoulette, il nous donne irrésistiblement envie de rire, en même temps qu'on a honte (moi en tout cas), d'être comme on est : comment ça se fait ?

    Bon, aller, des bises à Sophie l'auteur-e-euse et à toi-e, l'ami.

    (ça n'a rien à voir, mais je ne sais pas pourquoi cette mode des -e-es-euses m'amuse en ce moment-e-es... : j'ai du recevoir un courrier de la mairie de paris qui se gargarise avec ce "truc" qui m'apparaît surtout une manière populiste de surfer sur la vague à bon compte... houlala, je risque de me faire des ennemi-e-es...)

     

      • Vendredi 13 Avril à 14:29

        Oui, le côté "humour vache" ne t'a pas échappé-e... Pauv' vétéran, lui qui croyait se la couler douce et toucher une pension...le voilà réduit à sautiller.

        Pour la petite histoire, le piano est un échantillonnage de celui des Beatles dans "Lady Madonna..."

    2
    Samedi 14 Avril à 10:28

    On laisse toujours un peu de soi dans les endroits où l'on passe... pas de chance pour cette dramatique rencontre avec un train, surtout si cela s'est produit pendant ces quinze derniers jours... Félicitations à l'auteure et au musicien... Bonjour à Sophie... et bienvenue au club... qui compte un membre de plus...  

      • Samedi 14 Avril à 15:09

        ...et c'est l'avis d'un éclairé, qui a longtemps gagné sa vie en cherchant entre les voix...

      • Lundi 23 Avril à 09:51

        En même temps... ce fut un privilège...

    3
    Alain
    Lundi 23 Avril à 14:41
    Entre les voix et les voies, c'est ça que je vois, c'est l'âme du/de la poète-esse
    4
    sofy
    Mercredi 9 Mai à 14:05

    ha bha merci pour les retours :) et merci onc' surtout,  qui ressort mes vieux papiers du carton ;) 

     

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