• Absente.

    Ce texte parle de l’absente, celle que tout homme porte en lui depuis l’enfance : la mère qui lâche la main du petit pour la première fois à la rentrée, l’âme sœur attendue, la petite amie qui romps, puis l’épouse qui divorce, celle qui disparaît, et même celle qui es là sans y être vraiment. Cette absente, faut il lui en vouloir ? Ou bien n’est-elle pas le plus présent des êtres, comme une blessure jamais refermée ?

    L’ambiance est jazzy avec vibraphone, piano, guitares sèches et électriques, et batterie aux balais.

    "Absente", B.Leroux, aout 2017.  

    1

    Toi qu’il a espéré, le long des heures de classe

    D’abord confusément, puis de plus en plus fort,

    Toi qu’il a cru séduire en duel, face à face

    Contre des dragons ailés dans des châteaux forts,

     

    Toi qu’il a attendue à en mourir sur place,

    T’évoquant, dans sa chambre, comme une terre promise,

    Comme l’explorateur face à un pays de glace

    Lutte pour enfin mettre pied sur la banquise,

     

    Toi qui fut sa première et le laissa sur place

    Car tu fus celle qui le quitta en premier,

    Surpris, désespéré, brisé, le cœur en glace

    Comme s’il avait perdu la pomme et le pommier,

     

    2

    Toi qui fut celle qui vécut avec lui, comme

    Une épouse, une amie jusqu’à ce que la vie

    T’entraine vers une autre vie, ou un autre homme,

    Le laissant seul avec ses souvenirs transis,

     

    Toi qui étais présente, tout en étant ailleurs,

    Corps sans vie et sans chaleur dans le même lit

    Dans une guerre sans armes, et un conflit sans heurts

    Ou l’usure du temps va là où tout finit,

     

    Toi qui manque parce que tu es absente, ou morte,

    Toi qui était quelqu’un et es devenue vide,

    Que le vieil homme appelle, quand il est à la porte

    De la fin de sa vie, solitaire, impavide,

     

    3

    Toi qui es la manquante, la décédée, l’absente,

    Toi qui es toujours là dans les pensées d’un homme

    Toi la femme désirée ou non, l’envahissante,

    Parce que tu es irremplaçable, je te pardonne.

    « Sax à piles.Rentrée. »

  • Commentaires

    1
    alain
    Vendredi 11 Août à 00:15

    ho, une nouvelle-nouvelle chanson...

    je dis ça car dans la confidence, j'ai le souvenir d'une autre chanson, je crois me souvenir qu'elle était très différente, qui portait le même titre ; sans doute celle-là n'aura pas eu de chance, car celle-ci lui a pris une grande partie.

    C'est comme ça, la création, une idée qui fait des branches, des feuilles, des fruits, un arbre qui donne, puis qui s'éteint, avec parfois à son pied des rejetons qui sont plus vigoureux même que l'arbre d'origine.

    bon, foin de comparaison horticoles, voilà un beau sujet, singulier, où toutes les "absences" sont rassemblées, tant il est vrai (en tout cas pour moi), que toutes les personnes qui ont compté pour moi (soit qu'elle m'ont quittées, ou se sont éloignées, ou encore ont fini leur vie), sont présentes à mes pensées.

    ça me rappelle cette phrase qui me revient quand me manque trop les absent(e)s : pourquoi tu pleures ? je suis dans la pièce d'à côté...

    2
    Lundi 21 Août à 21:27

    Des absentes qui en ont mené plus d’un… à l’absinthe…

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