• A l'intérieur.

    « A l’intérieur, j’ai pas changé » disait une grand-mère. J’ai trouvé que cette façon de voir était significative de l’âge avancé : une personne âgée est bien la même que par le passé, mais le monde qui l’entoure, lui, a évolué…

    J’ai arrangé ce thème façon blues, avec cette répétition propre à ce style : riff de guitare électrique Gibson, batterie, basse Fender Squier, harmonicas. Un style qui, lui, traverse le temps sans vieillir.

     

     

    "A l'intérieur, paroles et musique B.Leroux, mai 2018.

    Depuis peu, on te cède la place

    Dans le bus, c’est vraiment gentil,

    Voilà un jeune qui est classe

    Et il faut bien lui dire merci,

    Mais quand tu t’aperçois, malheur,

    Qu’il a près de la quarantaine,

    Alors là, tu a vraiment peur,

    Tu lui dis de rester assis.

     

    A l’intérieur, t’as pas changé,

    C’est tout qui change autour de toi.

     

    Les pubs pour les monte-escaliers,

    Les obsèques et les sonotones

    Envahissent ta boîte à courrier

    C’est sûr, au début, ça étonne,

    Ta complémentaire te propose

    De passer à l’option « sénior »,

    Les femmes parlent de leur ménopause

    Pour elles, tu n’es plus un warrior.

     

    A l’intérieur …

     

    Autour de toi, dans les boutiques,

    les bureaux, les supermarchés,

    Des genres d’ados anachroniques

    Ont remplacé les employés,

    Ton docteur semble avoir passé

    Son bac au lycée l’an passé

    Et ta dentiste, qu’a de l’acné

    Te d’mande où en est ton dentier.

     

    A l’intérieur…

     

    Le jour où tu vois ton prénom

    Utilisé comme plaisant’rie

    Dans les cours de récréation

    Ca marche bien, tout le monde rit,

    Quand la grand-mère et le grand père

    Se mettent à faire du judo,

    Ca te faisait bien rire hier

    Mais n’ fait plus rire qu’ les ados.

     

    A l’intérieur…

     

    Vinyles, téléphones à cadran,

    504, cassettes, dictionnaires

    Ont rejoint chez les brocanteurs

    Les objets anciens de ton temps,

    Imaginer le présent sans

    Internet, sans ordinateurs

    Semble impossible à tes enfants

    Comme un monde extraordinaire.

     

    A l’intérieur…

     

    Instrumental

     

    Bien sûr, tu t’essouffle plus vite,

    Et parfois, tu souffres d’arthrite,

    Tu prends plus de médicaments

    Qu’autrefois, et que tes enfants,

    Et alors ? est ce que ça n’est pas

    Dans son esprit, son cœur, ses choix,

    Qu’on est jeune, ou bien qu’on est vieux,

    Qu’on est lâche ou aventureux.

     

    A l’intérieur …

     

    A l’intérieur, t’as pas changé

    C’est tout qui change, et c’est comme ça.

    « L'inclusive eccessive.La fin du monde. »

  • Commentaires

    1
    Lundi 14 Mai à 11:39

    Oui, bien observé et analysé, Bernard !  La possibilité, cependant, d'être soi-même et d'écrire des chansons... vintage... Bon, tant que l'on ne vient pas nous demander comment ça se passait dans les tranchées pendant la guerre  14-18 ... En revanche, pour le jeune de quarante ans qui cède sa place dans le bus, ça je ne l'ai pas vécu... d'ailleurs, je trouve que la politesse ça se perd un peu... c'est pas pour dire mais, à notre époque, c'était quand même autre chose ...!!!

    2
    Lundi 14 Mai à 13:31

    Remarque, Jean Luc, que j'écris à la deuxième personne, car le vieux, bien sûr, c'est l'autre! Et les vieux, c'est vrai, ne sont plus ce qu'il étaient...happy

    3
    alain
    Samedi 19 Mai à 00:20

    C'est vrai que c'est curieux, ce sentiment qu'on ne bouge pas mais que c'est le train d'à côté qui bouge...

    Jusqu'à ce qu'on se rende compte que non, c'est bien le train qu'on a pris qui bouge, qui avance ; et d'ailleurs, ça s'accélère, c'est par où qu'on descend ?

    Ha ben non, en fait, finalement, je préfère descendre le plus tard possible, et continuer de regarder à travers la vitre, même si c'est de biais et que ça donne le mal de tête.

    Bon, une belle base rythmique, une basse bien structurée, et encore de la créativité, des solos nouveaux et inventifs, et un texte plein d'humour... et de réalisme.

    C'est cool de vieillir dans ces conditions !

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