• En ce jour de deuil pour les démocraties, l'extrême droite a repris le pouvoir au brésil.
    C'est pourquoi je réédite ce titre, à la mémoire de Marielle Franco Da Silva, qui  a été assassinée le 14 mars 2018 à Rio De Janeiro. C’était une
    Marielle.femme politique, féministe, lesbienne et militante des droits de l’homme. Elle était membre du conseil municipal de Rio, représentante du parti « socialisme et liberté » (PSOL). Durant sa courte vie, elle a défendu les droits des pauvres et des « non-blancs », le droit à l’avortement pour toutes et s’est opposée à la violence de la police dans les « favelas », dont elle était issue. Cela n’a pas plu aux nostalgiques de la dictature, aujourd'hui revenus au pouvoir, et aux gangs de « narcos » (narcotrafiquants).

    Un petit lexique pour les mots portugais dans le texte :

    * Favela : quartiers bidonvilles à flanc de coteau autour de Rio.* Vidigal : une des favelas de Rio. * club de régatas do Flamengo : club sportif de Rio. * gringo branco : étranger blanc * Praia de Ipamena : plage de Ipamena * Copacabana : la plus grande plage de Rio. * Carioca : habitante de Rio * criola : créole * christ de Corcovado : le grand christ qui domine Rio, * narcos : narcotrafiquants. * Villa Mimosa : « quartier chaud » de Rio. * turista americana : touriste américaine * Santa Theresa : quartier pittoresque et touristique de Rio. * La Macarana : grand stade de Rio. * pega : prostituée * dançarina : danseuse * lésbica magnifica : lesbienne magnifique

    "Marielle", paroles et musique Bernard Leroux, mars 2018.

    Née dans la favela* de Vidigal*,

    Comme les autres tu as trouvé normal

    D’être née pauvre, et sans un centavo,

    Comme toutes les cariocas* du ghetto,

     

    Au club de régatas do Flamengo*

    Tu as rencontré ton premier gringo*,

    Un branco*, un touriste pas méchant,

    Un français même pas narcotrafiquant,

     

    Devant sa bonne tête de père de famille,

    Tu espérais si tu étais gentille,

    Qu’il serait doux et même compréhensif,

    Mais tu as pris des coups, c’est le tarif.

     

    ref :

    Praia* de cocagne à Ipamena*,

    Carnaval, coca, Copacabana*,

    Carioca* criola* héroïne,

    Costard cossu cocard et Cocaïne.

     

    2

    Alors pour sortir de ce carnaval,

    Tu as voulu étudier à Rio,

    L’université t’a ouvert les bras

    Comme le christ de Corcovado*,

     

    Tu défendis les tiens, ceux de là haut

    Qui vivent entre proxénète et narco*

    Contre les violences de la police

    Des militaires, des flics et des milices,

     

    Mais pour une métisse, une lesbica*,

    Défendre les pobres des favellas

    Les traficantes n’aiment pas trop ça,

    Sur les trottoirs de Villa Mimosa*.

     

    Ref.

     

    3 

    Si tu vas à rio, rappelle-toi

    Cette femme, cette carioca

    Assassinée au centre de Rio,

    Pas très loin de la praça Do Lido.

     

    Ici, il n’y a pas que des bikinis,

    De la samba, soleil et martinis,

    Les nostalgiques de la dictature

    Ici comme ailleurs ont leur signature,

     

    Toi, la turista americana*

    Qui déambule à Santa Theresa*,

    Ou bien au stade, à La Macarana*

    Que s’rais-tu si tu étais née là bas ?

     

    Serais tu pega* à Villa Mimosa,

    Serais-tu dançarina* de samba,

    Ou Santa Teresa de Calcutta,

    S’rais-tu Marielle Franco da Silva ?

     

    Instrumental

     

    C’est une Héroïne Carioca,

    Une Santa Teresa des favellas,

    C’était une lésbica magnifica*,

    Si tu vas à Rio souviens-toi.

     

    Ref.


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  • Nous sommes souvent incapables de définir ce qui nous est le plus évident, le plus familier, comme le temps, l’espace ou la vie. C’est à partir de cette idée que j’ai écrit ce texte, que j’ai mis en musique sur une guitare-piano d’Alain Rouby.
    A laquelle j’ai ajouté un violoncelle (doigt et archet), une basse fretless et une guitare espagnole.

    « Ce qu’est », Musique Alain Rouby, paroles Bernard Leroux oct 2018.

    Musique, guitare rythmique, piano : Alain Rouby.
    Paroles, voix, guitare espagnole, violoncelle, basse, arrangement : Bernard Leroux.

    Je ne sais pas ce qu’est le temps, et pourtant je vis dedans. 

    Je ne sais pas ce qu’est l’espace, et pourtant je change de place.

    Je ne sais pas ce qu’est la vie, et pourtant je suis ici

    Je ne sais pas ce qu’est l’amour, et pourtant je tourne autour

    Je ne sais pas ce qu’est mourir, et pourtant je vais partir.


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  •  Formica et pile wonder.Certains d’entre nous ont la nostalgie de ce monde incarnée par un homme ou une femme dans une cuisine de campagne, sur fond de bruits de basse-cour, qui vous « payent » sans façon un café arrosé et parlent avec vous du quotidien.

    L’accordéon est évidemment la musique qui vient alors à l’esprit, une sorte de danse lente comme les jours qui passent, les saisons qui se suivent.

    C’était vraiment une année d’rin, et la terre est ben basse, comme on dit cheu nous.

     

     Dessin: B.Leroux.

    "Formica et pile Wonder",

    paroles et musique Bernard Leroux, octobre 2018.

    1

    Il me dit d’entrer et de m’asseoir,

    Formica, toile cirée bleue, et Tupperwares,

    Sans m’demander me verse un café

    Avec un coup d’calva, d’autorité.

     

    Seau à charbon et bouteille de gaz bleue,

    Cheminée peinte, un poêle à fuel au milieu,

    Les torchons blancs sèchent autour du tuyau,

    Pile Wonder, et moulin à café Peugeot.

     

    L’horloge triangulaire au mur fait tic tic,

    Le néon au plafond doucement grésille,

    On entend même le compteur électrique,

    La flamme du poêle doucement frétille.

     

    2

    Et puis il sort deux verres en pyrex,

    Verse du vin d’une bouteille en verre vert,

    M’appelle « mon gârs »avec accent circonflexe,

    Il y a du linoléum usé par terre.

     

    L’évier carré avec son petit rideau

    Luit doucement sous le mur à carreaux

    Entre l’interrupteur en porcelaine

    Et une patère avec un gilet en laine.

     

    Un insecte grésille sur le ruban tue-mouches,

    Il y a une gondole sur la télé,

    Dans du plastique les fauteuils sont emballés,

    Il y a des fleurs sur le rideau de douche.

     

    3

    Alors il me montre le jardin,

    Bottes en caoutchouc ou sabots,

    Devant les clapiers à lapins,

    Arrosoir en zinc, robinet vieux tuyau.

     

    Une vieille vigne court sur le poulailler,

    Sur la clôture, boîtes de conserves rouillées,

    Vieux rosier, vieux poirier, vieux prunier,

    Et un compost qu’il appelle : « le bourrier».

     

    La terre est peignée toute dans le même sens,

    Bien désherbée, bêchée, choux bien rangés,

    Tout au fond une guérite goudronnée

    Avec un cœur sur la porte découpé.

     

    4

    Pendant c’temps là du bourg elle est rentrée ,

    Panier en osier, galoches et blouse fleurie,

    Elle dit : « tu vas ben rester à souper »,

    Boîte d’allumettes, gazinière et frichti.

     

    Du buffet à vitres sablées elle sort

    Les assiettes du dimanche, à filets d’or,

    Des verres en Duralex en demi-tonneaux

    Pendant qu’un lapin mijote sur le fourneau.

     

    Casseroles en alu rangées sur le mur,

    Panier à salades, confitures de mûres,

    Deux ronds de serviettes en bois décoré,

    Odeur de soupe de poireaux et de fumée.

     

    « Tire-donc dans l’plat pendant qu’c’est chaud,

    Te crains pas, sers-toi z’en encore,

    Quand on travaille, y faut c’qu’y faut,

    De c’temps la faut êt’ ben du corps. »

     

     « Alors mon gârs qu’es’tu d’viens-t-y,

     

    « Tire-donc dans l’plat pendant qu’c’est chaud ! »

     

     « C’était vrai’ment une année d’rin. »

     

    «  ‘Commence à faire pas chaud déhors,

    Vas don’ pas attraper la mort ».

     


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  • J'ai eu l'honneur d'orchestrer ce titre de Jean Luc, que vous retrouverez sur son site:

    http://jeanluctaburet.eklablog.com/

     


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  • Illustration :  Maurizio Quarello.

    « Le Partisan », texte de Emmanuel D’Astier De La Vignerie, musique d’Anna Marly, écrite à Londres en 1943 et diffusée par la BBC, a été reprise en 1969 par Léonard Cohen, puis par nombre d’autres interprètes. 

    Je la repends à mon tour, à la mémoire de Pierre Leroux, résistant.

    En hommage aussi à ceux qui rencontrent actuellement des obstacles dans leur aide aux migrants réfugiés.

    Il s’agit bien d’une chanson écrite en français, traduite ensuite en Anglais (et non l’inverse). Mais j’avais envie, pour une fois, de la chanter en partie en anglais pour lui laisser la dimension internationale que lui a donné Léonard Cohen, accompagné d’une basse, de trois guitares, d’un accordéon et d’un harmonica.

    "Le Partisan", texte de Emmanuel D’Astier De La Vignerie, musique d’Anna Marly.

    Voix, tous instruments: B.Leroux, 30 septembre 2018.

    When they poured across the border

    I was cautioned to surrender,

    This I could not do,

    I took my gun and vanished.

     

    I have changed my name so often,

    I've lost my wife and children

    But I have many friends,

    And some of them are with me.

     

    An old woman gave us shelter,

    Kept us hidden in the garret,

    Then the soldiers came ;

    She died without a whisper.

     

    There were three of us this morning

    I'm the only one this evening

    But I must go on ;

    The frontiers are my prison.

     

    Oh, the wind, the wind is blowing,

    Through the graves the wind is blowing,

    Freedom soon will come ;

    Then we'll come from the shadows.

     

    Les allemands étaient chez moi,

    Ils m'ont dit : "résigne-toi",

    Mais je n'ai pas pu ;

    J'ai repris mon arme.

     

    J'ai changé cent fois de nom,

    J'ai perdu femme et enfants

    Mais j'ai tant d'amis ;

    J'ai la France entière.

     

    Un vieil homme dans un grenier

    Pour la nuit nous a caché,

    Les allemands l'ont pris ;

    Il est mort sans surprise.

     

    Oh, the wind, the wind is blowing,

    Through the graves the wind is blowing,

    Freedom soon will come ;

    Then we'll come from the shadows.

     

    Oh, le vent, le vent souffle,

    Entre les tombes le vent souffle,

    On nous oubliera,

    Nous rentrerons dans l’ombre.


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