• L’ « écriture inclusive » est une mode qui, je l’espère, passera comme tout-e-s les mod-e-s. Le côté caricatural-e de cett-e  écritur-e porte évidemm-e-nt aux jeux de maux, c-e que je n-e m-e suis pas privé de fair-e, bien sûr-e…

     

    "L'inclusive eccessive", paroles et musique Bernard Leroux avril 2018.

     

     

     

    1

    C’était une fille bien sympathique

    Mais un peu bornée,

    Un peu dogmatique.

    Elle était pour la pratique active

    Exclusive de l’ é -

    Criture inclusive.

     

    Quand je l’ai rencontré tiret eu,

    Elle me fit part de cette condition

    Strictement attaché tiret eu

    Au succès de notre relation.

     

    2

    Je l’invitai pour en discuter

    Juste à prendre un thé

    Dans mon intérieur.

    Jusque là pas de gaffe ou d’erreur,

    Car aucun tiret

    Ne vint s’imposer.

     

    Mais quand elle aborda le sujet

    De la femme-eu dans la société

    Il fallut, évitant les maladresses

    En v’nir à parler des femm-eu-esse.

     

    3
    Je m’en tirai dans les premiers temps

    Plutôt bien, et sans

    Oublier les eu.

    Même les tirets étaient bien placés

    Juste avant les eu

    Et après les ées.

     

    Mai cet excès de concentration

    Me fit oublier mes intentions,

    Et elle se dit ravi - tiret - eu

    D’ cette relation sans ambigüité.

     

    4

    Elle partit complètement ravi-

    eu et sans qu’mon lit

    n’ai été défait.

    Je restai avec le sentiment

    D’avoir fait semblant,

    Très insatisfait.

     

    J’avoue que l’écriture inclusive

    N’m’aida pas de façon excessive

    A tenter de séduire cette déesse

    Ni les autres tiret eu tiret esse.

     

    Instrumental

     

    5

    Et depuis j’en ai pris mon parti :

    Elles sont parti – eu(s)

    Les inclusives.

    Celle qui est restée en est restée

    A c’ que l’ masculin

    A de singulier.

     

    Et j’ai gardé l’exclusivité,

    Mot féminin dépourvu de e,

    Jusques et même dans l’intimité

    De c’féminin plein d’aménité.


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  • Le vétéran.«Le vétéran » est un des textes de Sophie Vigneau.

    Comme il est rigolo et s’y prête bien, j’en ai fait une chanson de genre « country », et donc avec un banjo, un piano déjanté, une basse et des harmonicas…Plus quelques guitares électriques, « slide » et « son clair ». J’espère qu’il ne manque rien…

    "le vétéran", paroles Sophie Vigneau, musique Bernard Leroux, avril 2018.

     

    On l'avait amputé
    Jusqu'à auteur du coude
    Lors du dernier été
    De l'offensive, Baroud.
    Ses copains s'étaient tus
    Quand le plus dégourdi
    Dit qu'on l'avait battu
    Euh… à bras raccourcis.


    Sa jambe fut broyée
    Un peu sous le genou
    Dans le mont de Corée
    Lors du dernier mois d'Août.
    Ses copains s'esclaffaient
    En le voyant passer,
    Demandant s'il savait
    Bien sur quel pied danser.


    L'autre mutilation
    Lui fit perdre le nez
    Dans l'enfer de May Yong
    Lors du dernier été.
    Ses copains avaient ri
    Quand le plus malicieux
    Déclara que le riz,
    Ca vous fait le nez creux.

     

    Les Fellahs l'on castré
    D'un bon coup de poignard
    Lors du dernier été,
    Juste avant le départ.
    Ses copains astucieux,
    Qui jouaient au billard,
    Lui dirent :" Prends donc ta queue
    Et joue nous une part".

     

    Instrumental


    Il est mort un matin
    En sortant de chez lui,
    Il n'a pas vu le train
    Fonçant vers le midi.
    Si vous passez par là,
    Dites aux cheminots
    Qui cherchent entre les voies
    Qu'il manquait des morceaux.  

    Texte: Sophie Vigneau.


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  • Le 12 février dernier, j’ai mis en ligne « En mai 68 ». Avec le recul, la partie « sautillante » des couplets ne me plaisaient pas trop, alors je l’ai refaite en modifiant un peu les paroles et le titre, avec deux pianos « Rhodes », une basse jazz, une guitare solo façon « Hendrix » (d’époque: une Fender de ces années là !) et un orgue Hammond.

     

     "la beauté dans la rue", paroles et musique Bernard Leroux, avril 2018.

     

    1

    Nous avions juste 20 ans,

    C’était le début du printemps,

    Les jupes raccourcissaient,

    Les pantalons s’élargissaient,

     

    A la Sorbonne et à Nanterre

    On était tous contestataire,

    On occupait les amphis

    Et on allait changer la vie.

     

    Sous les pavé y’avait la plage,

    On allait vers d’autres rivages,

    La grisaille a disparu,

    La beauté était dans la rue.

     

    2

    Nous continuons le combat,

    Le vieux monde est derrière toi,

    Contre l’Général et l’armée

    Qui nous empêchait d’exister.

     

    Les CRS étaient les méchants,

    Les manifestants les gentils,

    Les pavés volaient sur les champs’

    Interdire, c’était interdit.

     

    L’imagination au pouvoir,

    Nous faisions l’amour, pas la guerre,

    Nous pouvions enfin tout vouloir

    Et jeter le passé par terre.

     

    3

    Nos désirs sont réalités,

    Nous demanderons l’impossible,

    J’veux pas perdre ma vie à la gagner,

    Je ne veux pas servir de cible,

     

    Nous sommes tous des juifs allemands

    Et à bas l’état policier !

    Nous changerons tout, tout simplement,

    Le bonheur est à notre portée.

     

    Sous les pavé y’avait la plage,

    La beauté était dans la rue,

    L’imagination au pouvoir,

    Interdire, c’était interdit.

     

     Instrumental

     

    On faisait l’amour, pas la guerre,

    Sous les pavés, y’avait la plage,

    L'imagination au pouvoir,

    La beauté était dans la rue,

     

    Nous continuons le combat,

    Le vieux monde est derrière toi,

    La beauté était dans la rue,

    La beauté était dans la rue.


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